Voici maintenant quelques passages gnostiques d'un rituel où le culte d'Ennoïa est exposé d'une façon plus ou moins claire.
D'abord, un aphorisme prononcé par Ennoïa elle-même, qui, prétendent les adeptes, apparaît à certains initiés:
De Ennoïa-Helena silendum est. Qui tamen invocant et adamant eam non confundentur. Semper enim est vivens ad dandam seipsam nobis, facie ad faciem. Nam I.N.R.I.
Traduction: Il faut garder le silence au sujet d'Hélène-Ennoïa. Cependant, ceux qui l'invoquent et l'aiment passionnément ne seront point confondus. En effet, elle est toujours vivante pour se donner elle-même à nous face à face. Car c'est par le feu que la nature sera rénovée intégrale (Au premier chapitre de ce livre j'ai cité cette interprétation sacrilège du titre de la Croix).
Voici encore une exhortation adressée aux servants d'Ennoïa par un évêque gnostique: «Hélène c'est Ennoïa, c'est la fille de Dieu; c'est la pensée de Dieu incarnée comme Jésus fils de Dieu s'est incarné. Elle est l'Esprit Consolateur qui va se manifester sur la terre sous la forme d'une femme. Notre prière doit monter à Elle comme à Dieu. Les Initiés la verront, l'entendront, la toucheront, lui feront cortège. Elle se manifestera tout à coup sans père ni mère. Elle marchera, mangera, boira, dormira parmi nous. Elle se donnera à nous, à l'un de nous et à tous. Il faut la désirer; c'est celui qui saura le mieux la désirer qui l'aura chez lui. Néanmoins, elle se donnera à tous ses élus par sa parole, par son sourire, par sa présence, par sa doctrine, par ses miracles. Elle est celle qui doit venir: Notre-Dame-le-Saint-Esprit.»
On m'excusera de faire ces citations. Cette phraséologie blasphématoire valait d'être signalée, car elle constitue un moyen d'action fort puissant sur certaines âmes d'éducation catholique, surtout — j'ai eu l'occasion de le vérifier — sur des femmes imaginatives et névrosées…
Si les malheureuses pouvaient savoir vers quelles ignobles sentines on cherche à les entraîner, sous prétexte d'initiation à un idéalisme supérieur!
En tout cas, je crie casse-cou… Et ce chapitre n'a pas d'autre but.
Je citerai pour finir trois strophes d'un hymne où la belle séquence latine de saint Thomas d'Aquin est parodiée d'une façon abominable:
Adoro te supplex, patens Deitas Quoe in hoc sacello te manifestas! Tibi se cor meum totum subjicit Quia te contemplans totum deficit.