De ce coup, j'en avais assez. Les miasmes de démence et de diabolisme qui envahissaient de plus en plus le salon me suffoquaient. J'avais besoin d'air pur. Sans prendre congé, je sortis brusquement. D'ailleurs personne ne remarqua mon départ: ils étaient bien trop occupés à s'invectiver et à blasphémer pour faire attention à moi…

VI

C'est l'unique séance de spiritisme à laquelle j'aie assisté. Je ne tiens pas à recommencer, car j'estime qu'il est malsain de fréquenter ces milieux d'aberration où règne, en maître souverain, un esprit de malice qui, certes, prend plaisir à égarer toujours davantage ces pauvres âmes.

Les spirites comme les théosophes sont des révoltés contre la Règle unique: celle de l'Église. Enfreignant ses défenses, méprisant ses enseignements, empoisonnés d'orgueil jusqu'au tréfonds de la conscience, ils se croient en passe de devenir des dieux.

Hélas! ce ne sont point des dieux qu'ils deviendront!…

Une société en décomposition, comme la nôtre, voit se multiplier le nombre de ceux que le matérialisme écoeure. Ils cherchent éperdument une issue dans le Surnaturel. Mais comme ils refusent d'obéir à la Sagesse catholique, le Surnaturel où ils se plongent les contamine autant et plus que ne le feraient les rêveries de la science athée.

— Nous voulons l'Idéal, s'écrient-ils.

Or, comme l'a dit brutalement, mais justement, Huysmans dans En route: «Le spiritisme et la théosophie, ce sont les _goguenots _de l'Idéal…»

CHAPITRE IV DE PÈRES EN FILS

Les gens de bon sens admettent volontiers que les Bonnot, les Garnier, les Raymond Callemin dit «la Science» sont les produits obligés d'une évolution qui commença par la vogue de Rousseau et la proclamation des Droits de l'Homme, qui se continua par des crimes politiques, puis par des crimes sans épithète, qui s'achèvera, sans doute, si un Maître suscité de Dieu n'intervient, par un cataclysme social où sombrera la France.