Il fut d'ailleurs assez souvent victime de plaisanteries du même genre. M. Henri Mazel m'a raconté qu'un jour où l'on discutait sur le néo-platonisme, Lazare se laissa prendre à un faux texte de Plotin fabriqué par M. Paul Masson et qu'il ne manqua pas d'y étayer force arguments à l'appui de son opinion. Pour en revenir à Mallarmé, on se demande comment on a jamais pu prendre au sérieux un écrivain qui déclarait préférer «à tout texte, même sublime, des pages blanches portant un dessin espacé de virgules et de points».
Ailleurs, il formulait ce principe bizarre que: «Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu».
Il ajoutait: «Je crois qu'il faut qu'il n'y ait qu'allusion».
Quant aux mots, ces pauvres mots si singulièrement torturés par lui, sa fantaisie leur confiait une fonction inattendue à quoi personne n'avait encore pensé: «Il faut, disait-il, que de plusieurs vocables on refasse un mot total, neuf, étranger à la langue et comme incantatoire qui nous cause cette surprise de n'avoir ouï jamais tel fragment ordinaire d'élocution, en même temps que la réminiscence de l'objet nommé baigne dans une neuve atmosphère…».
De ces propositions ésotériques on peut conclure que Mallarmé eut en vue de créer un langage spécial destiné à formuler des pensées tellement inaccessibles au vulgaire qu'il fallait presque se transporter, par l'imagination, dans un monde différent du nôtre si l'on voulait parvenir à en soupçonner la signification ténébreusement symbolique.
Qu'une pareille aberration ait trouvé faveur auprès de poètes dont quelques-uns possédaient du talent et le prouvèrent, cela peint une époque. Mais aussi quelle confusion dans les esprits, quelle anarchie dont maints écrivailleurs juifs profitaient pour saboter notre langue, pour faisander la littérature et pour fausser l'intelligence française!
Heureusement la réaction s'est produite. Elle va se fortifiant tous les jours et nous pouvons espérer qu'elle sera bientôt assez vigoureuse pour bouter hors de notre pays, pour renvoyer à ses Ghettos d'Allemagne et de Pologne cette malodorante postérité des plus sordides talmudistes…
* * * * *
Au temps où Mallarmé bourdonnait dans le vide, Verlaine voyait croître l'admiration que motivent les vers de _Sagesse, des Fêtes galantes _et des Liturgies intimes.
Celui-là ne s'enlisait pas dans les marécages où la Juiverie accumula les limons étrangers. Il restait catholique, patriote, amoureux de la tradition française. Si, dans ses derniers poèmes, la langue se contourne parfois à l'excès, du moins elle ne tombe jamais dans le charabia importé par les métèques.