Les larmes, alors, ruisselèrent sur mes joues et je ne pus que lui répondre ceci : — Monsieur, je vous en supplie, priez pour moi.

Mon émoi, l’angoisse qu’exprimait toute mon attitude le touchèrent. Il comprit, certes, qu’il avait devant lui un homme en détresse. Après m’avoir sondé d’un regard aigu, il reprit : — Oui, monsieur, je vous promets de prier pour vous ; et je vais le faire tout de suite.

Puis, levant la main droite, il me bénit.

Ensuite il attendit que je parlasse de nouveau. Mais moi, pauvre misérable, je demeurais muet, la tête basse, n’osant rien ajouter. Il eut sans doute l’intuition que mon heure n’était pas venue car, me saluant profondément, il répéta :

— Oui, mon bon monsieur, je vais prier pour vous.

Et il s’éloigna.

Quand il eut disparu au tournant du sentier, je restai quelques minutes indécis. J’aurais voulu le rejoindre et, d’autre part, quelque chose comme une main rigoureuse me retenait.

Je me sentais heureux au possible et à la fois triste jusqu’au fond de mon être. Pourtant la joie l’emportait. Si bien que je m’en allai, au hasard dans la forêt, me répétant sans cesse ces mots dont la beauté surnaturelle me transportait : — Et le Verbe s’est fait chair. Et il habita parmi nous… Et de grandes vagues de lumière déferlaient majestueusement dans mon âme qui en restait toute lumineuse.

Sainte-Trinité, que vos voies sont sublimes. Vous avez voulu, en ce jour, imprimer, dans l’esprit du pauvre ignorant, le mystère adorable de Votre Incarnation. Sera-ce assez de toute une vie de prières pour reconnaître cette munificence de votre Grâce ? Sainte-Vierge, Mère de miséricorde, Refuge des pécheurs, intercédez auprès de Votre Fils, pour qu’Il m’octroie la faveur de ne jamais oublier le miracle que sa charité produisit alors en moi…

V