Ainsi, la Sainte Vierge accueille toute prière émise d’un cœur simple et confiant. Inutile de se battre les flancs pour lui adresser des vocables insolites ; les mots qui, depuis des siècles, servent aux plus humbles des fidèles suffisent et même ils expriment nos états d’âme les plus anxieux et les plus complexes. C’est que Marie porte en elle la plénitude de la Grâce, l’amour de Dieu intégral. Sa mission, c’est de nous distribuer les aumônes de la Sainte-Trinité. Donc, lorsque nous disons Ave Maria ou Salve Regina, nous sommes assurés qu’elle nous entend, qu’elle « tourne vers nous ses regards de miséricorde » et qu’elle nous conduit par Jésus notre Sauveur, à Jésus et en Jésus.
Super hanc petram. — Pendant plus de quatre ans, les prétendus civilisés se sont massacrés sur terre, dans les airs et sous les eaux depuis les confins du Pôle Nord jusqu’au Golfe Persique. Résultat : dix millions de cadavres, vingt millions de mutilés, des ruines innombrables, une recrudescence de haine entre les peuples qui portaient jadis le beau nom collectif de chrétienté. C’est ce que divers charlatans, masqués de philanthropie éventuelle, nomment le Progrès.
A présent, ils nous affirment que, l’idée de Dieu étant expulsée des intelligences capables de raisonnement, l’humanité se chérira bientôt en chacun de ses membres et posera ainsi les fondements du temple sublime où elle s’adorera elle-même. Afin que cette prophétie se réalise ils se sont réunis en un aréopage sur les bords d’un lac qui n’a rien de commun — et pour cause — avec le lac de Génézareth. Là, ils ont déclaré qu’ils avaient pour but d’établir la paix perpétuelle dans le monde.
— Ils aboutiront, s’écrient les Loges maçonniques de toute langue, car, se gardant bien d’invoquer la bénédiction divine sur leurs travaux, ils en ont écarté le personnage qui porte ce titre à jamais périmé : Vicaire de Jésus-Christ. Nous ne sommes plus au Moyen-Age, époque de ténèbres, comme n’en ignore quiconque reçut le bienfait d’une éducation sainement laïque. Aujourd’hui, les Droits de l’Homme ont remplacé les Commandements de Dieu. Par conséquent : silence au Pape !…
Or, tandis que les sectateurs du Progrès dégrossissent leurs matériaux pour reconstruire la Tour de Babel, sur cime où rayonne la Croix, le Pape n’a pas gardé le silence. Commentant le psaume : Nisi dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam, Pie XI a dit : Nulle institution humaine n’existe qui soit capable d’imposer à l’ensemble des nations un code de législation commune. On y parvint au Moyen-Age, dans cette véritable société des nations que fut la communauté des peuples chrétiens. Sans doute, et en fait, le droit y subissait des violations graves. L’inviolabilité du droit demeurait néanmoins intacte en son principe grâce à une règle tutélaire d’après laquelle étaient jugées les nations elles-mêmes. Or, il existe une institution divine qui est en mesure de sauvegarder l’inviolabilité du droit des gens, une institution qui appartient à toutes les nations. Elle possède l’autorité la plus haute, elle s’impose à la vénération par la plénitude de sa mission enseignante : c’est l’Église du Christ. Elle seule apparaît capable d’accomplir cette tâche.
Mais les diplomates se sont bouché les oreilles ; les socialistes, pour étouffer cette voix importune, ont entonné l’Internationale ; et la Maçonnerie a fait retentir des claquettes de dérision.
Aussi, savez-vous ce qui arrivera ? On peut l’annoncer presque à coup sûr : la seconde Tour de Babel s’écroulera avant d’être bâtie plus haut que le rez-de-chaussée. Les dissensions humaines iront s’aggravant, c’est-à-dire que les hommes, de plus en plus réfractaires aux volontés d’En-Haut, se jetteront les uns sur les autres en des conflits auprès de quoi la guerre atroce dont nous saignons encore n’aura été qu’une pâle idylle. Parque indifférente, la science découvrira des engins de destruction si effroyables qu’en un clin d’œil, des villes seront pulvérisées. Peut-être aussi que la menace asiatique prendra corps : les hordes mongoles envahiront l’Europe sous les enseignes de la juiverie bolchevique et, comme du temps d’Attila, où elles auront passé « l’herbe ne poussera plus ». A supposer qu’on les refoule, la société sera régie par cette Finance qui, de nos jours, affirme déjà son pouvoir souverain sur les relations de peuple à peuple et qui promulguera l’idolâtrie de l’Or et le pontificat brutal de la Banque. Ou, s’il y a révolte, après avoir répandu des fleuves de sang, la tyrannie socialiste animalisera les hommes sous le niveau égalitaire et leur fera trouver délectable de brouter à quatre pattes sans jamais plus lever les yeux vers le Ciel.
Dès longtemps, l’Église a prévu ces suites obligées du culte de la matière tel que l’ont préconisé de soi-disant philosophies qui, niant Dieu, mirent leur confiance dans la raison humaine et dans une foi imbécile aux vertus de Caliban. Constatant les effets destructeurs de la folie démocratique, elle a remonté aux causes et elle les a dénoncées. Au XIXe siècle, un grand pape, Pie IX, dans le Syllabus, énuméra les principes de décomposition que répandent les sophismes chers aux héritiers de la Révolution et repoussa le pacte que ces catholiques sans vigueur, les libéraux insinuaient d’établir entre la vérité de Jésus-Christ et les mensonges du démon. Au XXe siècle, un grand saint, Pie X écrase la tête de la vipère moderniste dont la bave amalgame toutes les hérésies qu’elles procèdent d’un rationalisme arrogant ou qu’elles s’inspirent d’une fausse mystique soufflée par l’enfer. Et voici que Pie XI, attestant le Christ roi des Nations, rappelle, selon l’Évangile, ce que doit être son royaume : Il dit :
Ce royaume s’oppose à celui de Satan : il demande à ses sujets non-seulement de renoncer aux richesses et aux biens terrestres mais encore de renoncer à soi-même et de porter sa croix.