Je lui tournai le dos et me retirai, sans plus.

Ah ! pensai-je, une fois dans la rue, infortunés libéraux, vous voilà bien lotis ! Avec votre gaucherie coutumière, vous avez choisi pour servir vos ambitions un homme qui non seulement vous compromet par ses croisières dans les parages poissonneux de Briand, mais qui encore me paraît détester l’Église dont vous vous dites les plus habiles soutiens…

Déjà, à cette époque, Judet avait de gros besoins d’argent. Il est vraisemblable que, dénué de toute conviction religieuse, il ne s’était inféodé aux libéraux que pour leur soutirer des sommes notables.

D’ailleurs, elles ne lui suffisaient pas, puisque, même avant la guerre, il ne tarda pas à se mettre au service de l’Allemagne.

Quand le scandale éclata, qui fut mortifié de s’être trompé aussi lourdement ?

Les gens de l’Action libérale.

Mais vous verrez que l’expérience ne leur servira de rien. Gageons que, le cas échéant, ils trouveraient le moyen de s’enticher à nouveau de quelque aventurier issu des bas-fonds de la presse comme Judet et, peut-être comme lui, vendu à l’étranger.

Ils ont tellement l’habitude de se fourrer le doigt dans l’œil !…


Le sortilège qui plongeait les libéraux dans l’extase au seul prononcé du nom de Briand, j’en eus encore un exemple, à la fin de 1913, à Nice.