Afin d’atténuer la déception des nouvellistes aux aguets, la Religieuse répétait à tous : — Après l’opération, il a fait de la fièvre, mais son délire était fort édifiant.

Il paraît, en effet, que tant qu’il dura, je ne cessais pas de redire le Salve Regina.

Les journalistes, pour la plupart, peu enclins à la piété, auraient peut-être préféré d’autres tuyaux. Mais Sœur Agnès refusait de leur en apprendre plus long, estimant que cette preuve de ma confiance en la Vierge répondait à tout. — Elle avait bien raison…

La consigne n’était levée que pour mon confesseur l’abbé Motet et pour François Coppée, qui venait me voir trois fois par semaine environ. Encore leur recommandait-on de ne pas s’attarder auprès de moi.

Je donne ces détails afin de souligner combien je manquais de forces.

Or, un matin, Sœur Agnès entre dans la chambre ; s’étant assurée que je ne sommeillais pas, elle me dit :

— Il y a dans le couloir un prêtre qui insiste tellement pour vous parler que j’ai cru devoir vous en avertir. Mais, ajouta-t-elle vivement, car elle observait avec scrupule les prescriptions du médecin, si vous ne vous sentez pas assez reposé pour l’entretenir, je le renverrai avec vos excuses. Il ne faut à aucun prix vous fatiguer.

— Je suis sous votre obédience, répondis-je, c’est à vous, ma chère Sœur, de décider ce que je dois faire.

— Il a eu l’air si désappointé quand je lui ai dit que, presque sûrement, vous ne pourriez le recevoir !… J’ai envie de le laisser entrer. Par exemple, je lui recommanderai de rester seulement quelques minutes.

— Soit, dis-je.