La dame, indignée, me tourna le dos.

Je crois bien qu’elle m’aurait mis à la porte si je m’étais représenté chez elle. Mais je n’eus garde.

Un dernier mot. Le Sillon a été condamné par le grand Pape Pie X. M. Sangnier a déclaré qu’il se soumettait. Puis il s’est empressé de confier à un journaliste « qu’il poursuivrait son action personnelle ». Cela semble bien signifier que le Pape eut tort et que lui continue d’avoir raison.

Aux élections qui suivirent l’armistice, le Bloc national donna son estampille à M. Sangnier. Aussitôt élu député, celui-ci ne perdit pas une minute pour prodiguer les avances aux communistes, pour absoudre le bolchevisme et pour courir à Berlin consoler ces tendres agneaux, persécutés par la France, que sont les Boches…

Il faut souhaiter qu’un jour ou l’autre M. Sangnier, s’écriant avec Baudelaire : « Mes bras sont rompus pour avoir étreint des nuées », acquière le sens du Réel. Il faut l’espérer — mais ne pas trop y compter.

CHAPITRE X
LES LIBÉRAUX

Le libéralisme est une maladie qui se manifeste par une absence d’horreur pour l’hérésie, par une perpétuelle complaisance envers l’erreur, par un certain goût des pièges qu’elle tend et, souvent, par un certain empressement à s’y laisser prendre. Louis Veuillot : Mélanges, 3e série, tome III.

Suivre le courant, c’est en quoi se résument les fameuses inventions du libéralisme. Louis Veuillot : Mélanges.

Prusias : Ah ! ne me brouillez pas avec la République !… Corneille : Nicomède, acte II, scène III.

A mon entrée dans le catholicisme, Coppée, Drumont, Huysmans, spontanément, et en des termes à peu près identiques, m’avaient dit : « Vous allez voir ce que sont les libéraux !… »

J’ai vu.

Je voudrais bien n’avoir pas à critiquer des frères dans la foi qui, malgré leur aberration démocratique, sont le plus souvent irréprochables quant à la soumission aux dogmes.