— Pas du tout, répond Greive, ceux qui seront d’avis que son idée est bonne l’aideront, les autres poursuivront le projet primitif.

Sucre ricane :

— Et si sur dix individus, supposons, dont se composera le groupe, il y en a neuf qui, en cours d’exécution, changent d’avis, que fera-t-on ?

— Chacun tirera de son côté, affirme Greive, mais il n’est pas probable que les choses en viennent là.

— Oh si, au contraire, c’est très probable. Et nous en avons fait l’expérience chaque fois que nous avons tenté de nous grouper. J’en reviens donc à ce que j’ai dit : que chacun travaille de son côté, à démolir la patraque sociale. Après, on verra… D’ailleurs, Greive, je m’étonne que tu me contredises, toi qui passes ta vie à excommunier quiconque parle d’organisation.

Désarçonné, Greive chercha une échappatoire :

— Dans la société future… commença-t-il.

— Pardon, laissons la société future en repos. Ni toi, ni moi ne savons comment elle se comportera…

— Occupons nous du présent, s’écrie un quatrième interlocuteur qui, trapu et hirsute, faisant clignoter ses petits yeux vairons bordés de rouge, multiplie les signes d’impatience, depuis quelques minutes.

Charles intervient :