Tout à coup, Chériat se souleva en se débattant :
— J’étouffe, j’étouffe, cria-t-il, est-ce que personne ne veut venir à mon aide ?…
Charles et Paulette s’empressèrent. Le chansonnier alluma une lampe pendant que le jeune homme débouchait un flacon d’éther et tentait d’en faire respirer le contenu au moribond. Celui-ci repoussa la fiole :
— Non, non, ce n’est pas cela… Et vous autres, avec vos faces toutes noires, vous m’obsédez. Il me faut quelqu’un… quelqu’un qui ait un peu de lumière au front.
Ensuite, il éclata d’un rire aigu et montrant la bombe, dont l’enveloppe de bronze clair luisait vaguement sur la console, il hurla :
— Vas-tu la jeter, espèce de damné ?…
Puis, retombant sur les coussins en désordre, il ferma les paupières et ne parla plus. Paulette, en désarroi, se frottait machinalement les mains et roulait des yeux effarés. Charles ne pensait qu’à une chose : fuir cette chambre où régnait l’épouvante. Le souvenir lui vint d’un homme qui portait peut-être cette marque de clarté réclamée par Chériat et il résolut d’aller le chercher.
— Attends là, dit-il à Paulette, je reviens dans une heure.
— Mais ce n’est pas drôle de rester tout seul avec Chériat, objecta le chansonnier ; s’il empoigne une nouvelle crise qu’est-ce que je ferai ? Patiente au moins quelques minutes.
— Non, non, il faut que je sorte…