— Un prêtre !…
Charles hésita : son horreur de la soutane le portait à refuser. Mais il réfléchit qu’une concession prouverait de la tolérance. Il haussa les épaules comme pour affirmer que ce détail lui importait peu et déclara :
— Si Chériat le désire, flanque-toi d’un prêtre. Seulement, tu me préviendras. Je ne tiens pas à être témoin de…
Il allait dire : de ces simagrées mais il se reprit :
— De l’entrevue… Ainsi, à demain, dès que tu seras libre, et au revoir.
Il avait hâte de s’esquiver, se courrouçant à la pensée que, mû par un désir d’effusion, qu’il taxait maintenant de lâcheté, il avait failli révéler son tourment à ce Robert, adepte de ce qu’il considérait comme une basse superstition.
Abry n’essaya point de le retenir : ce n’était pas la première fois que Charles lui donnait le spectacle de ses revirements. Mais il eut l’intuition que leur colloque n’en resterait pas là.
En effet, Charles avait déjà franchi le seuil, lorsque, se retournant, il surprit tant de sollicitude apitoyée dans le regard de son ami que sa superbe dut fléchir. Cédant à une de ces détentes d’âme, qui lui étaient coutumières auprès d’Abry, il revint sur ses pas et s’écria :
— Je suis affreusement malheureux !
— Oh ! mon pauvre, dit l’autre en lui pressant les mains et en le faisant rasseoir, crois-tu donc que je ne m’en suis pas aperçu ?… Que je voudrais, Dieu aidant, te consoler un peu. Je ne suis pas bon à grand’chose mais enfin je t’aime et je ne demande qu’à t’être utile.