— Que désirez-vous, monsieur ?
— Je viens de la part de votre frère, répondit Charles.
Mme Viard tressaillit. Il y avait plusieurs mois qu’elle n’avait vu le phtisique, mais elle savait l’existence de lutte avec la police qu’il menait parmi les révolutionnaires et elle vivait dans la crainte d’apprendre son arrestation.
La voyant toute tremblante, Charles lui exposa, en quelques phrases assez sèches, qu’il avait recueilli Chériat très malade et que celui-ci désirait la visite de sa sœur. Puis il donna son adresse et spécifia qu’il ne fallait pas tarder, vu l’état grave où se trouvait le moribond.
Ayant dit, il fit mine de se retirer.
Mais, d’un geste implorant, Mme Viard le retint et le pria de s’asseoir. Il était visible qu’elle désirait de plus amples détails. Tandis que, gêné, sans trop savoir pourquoi, d’être là, il prenait place sur une chaise, elle reprit :
— Que vous êtes bon, monsieur, d’avoir eu pitié de ce malheureux garçon et combien je vous en suis reconnaissante.
Charles secoua la tête et agita la main comme pour signifier qu’il ne méritait pas de gratitude.
De fait, quand il y pensait, il se reprochait, comme une faiblesse, d’avoir secouru Chériat, après qu’il s’était promis de se raidir contre tout sentiment d’humanité.
La veuve insista :