Oui, je ne saurais trop le répéter, par un effet de sa miséricorde envers le voyageur éclopé, j’aime cette vieillesse, cette maladie, cette pauvreté qui m’attachent si étroitement à sa Passion. Et voilà une des principales raisons pourquoi je suis gai.
Une autre raison qui n’est pas moins probante.
On m’a quelquefois demandé : — Pourquoi, depuis 1906, tous vos livres ne parlent-ils que de Dieu, de la Vierge Marie, des serviteurs de Dieu ou des choses de Dieu ?
La réponse est facile : — Parce que, sans l’ombre d’un parti-pris de ma part, il s’est trouvé que seuls désormais m’intéressaient Dieu, sa Mère immaculée, les Saints et le travail pour le service de Jésus et de son Église. Je n’en tire aucune vanité — car je sais le peu que je vaux — et je ne m’autorise pas de ce fait pour regarder avec hauteur ceux de mes confrères pratiquants que la Grâce conduit par d’autres sentiers. Récapitulant les années depuis la publication de Du Diable à Dieu, je constate simplement qu’il m’était impossible de traiter d’autres sujets.
Il ne me paraît pas téméraire d’admettre qu’il y avait là un dessein providentiel sur mon insignifiante personne puisque mes livres ont touché des âmes appartenant aux catégories les plus diverses.
Des égarés dans la lande fuligineuse où la Malice éternelle embusque ses légions.
Des opiniâtres qui s’étaient rendu sourds volontairement pour ne plus même entendre l’écho de ta voix, ô Seigneur Jésus.
Des ignorants à qui personne n’avait jamais dit : Si tu savais le don de Dieu !
Des inquiets, de ceux dont, en l’un de ses poèmes tout murmurants d’une musique de songe et dont les images semblent des vols de papillons-fantômes sous la lumière atténuée d’un clair de lune mi-voilé de nuages diaphanes, Jeanne Termier a dit :