Il faudra bien que, saouls de misère insensée,
Aveugles, ignorant le chemin parcouru,
Emportant, comme un pain de pauvres, leur pensée,
Ils trébuchent sur Dieu dans leur nuit apparu…
Des nonchalants qui avaient laissé s’assoupir sous les cendres d’une routine monotone la flamme sans laquelle il n’est pas d’amour de Dieu.
Non seulement mes écritures ont ramené plusieurs de ces enfants perdus qui tâtonnaient hors de la Voie unique, mais encore j’ai connu la joie incomparable de faire progresser dans l’union à Jésus des âmes qui me sont infiniment supérieures mais que telle page de mon œuvre tirait soudain de la Nuit obscure où il plaisait au Maître de les maintenir.
Enfin, de grands cœurs fraternels me donnèrent à manger quand j’avais faim, me vêtirent quand j’étais en guenilles, me logèrent quand j’étais sans gîte, me prodiguèrent les marques délicates d’un dévouement infatigable. C’est que ces amis selon Jésus avaient reçu par mes livres des consolations dans leurs peines, des clartés pour la contemplation. Ils l’attestent et je ne feindrai pas la fausse humilité de les démentir.
Ainsi, par les mérites du Sauveur — et non par les miens qui n’existent pas — j’ai reçu de grandes grâces. Et que pourrais-je demander de plus ? Notre-Seigneur a daigné user de mes livres — si imparfaits qu’ils soient — pour se conquérir beaucoup d’âmes ! Voilà ma gloire. Nul ne peut me l’enlever — et je n’en désire pas d’autre.
Et c’est aussi pourquoi je suis gai !…