Le Credo donne des ailes à ma prière ; il me secourt dans la tentation ; il m’arme pour le combat de tous les jours ; il me fera espérer dans la miséricorde divine à l’heure de l’extrême-onction et du linceul.
Sans le Credo, je ne serais qu’une feuille sèche, emportée par la bise.
Le Credo est une étoile fixe dont aucun nuage, suscité par l’enfer, ne réussirait à voiler le rayonnement. Si des vagues ennemies assaillent la barque de Pierre, si des écueils se hérissent alentour, je n’ai qu’à lever les yeux ; je vois l’astre auxiliateur briller au-dessus de l’assemblée des fidèles.
Par lui, je suis orienté, consolé, rassuré, par lui, je sais que Jésus protège ma faiblesse.
Reste-moi donc toujours présente, ô belle étoile du Credo !
Je voudrais maintenant rappeler l’admirable développement du Credo attribué à saint Athanase qui fut l’une des plus hautes figures de l’antiquité chrétienne. Évoquons d’abord, s’il se peut, cette gloire de l’Église.
Athanase naquit dans la ville d’Alexandrie en l’an 295. Il reçut une forte instruction et marqua, dès son adolescence, par son goût des lettres sacrées et des lettres profanes. Petit de taille et d’apparence chétive, tant qu’il se taisait, beaucoup étaient enclins à le considérer comme un personnage des plus insignifiants. Mais dès qu’il prenait la parole, l’ardeur de sa foi le transfigurait et l’on ne tardait pas à s’apercevoir qu’en ce corps frêle habitait une âme indomptable. De même, ses écrits donnent l’impression d’une telle vigueur que ses adversaires, mis en déroute par sa science des choses saintes et sa foudroyante dialectique, ne savaient où se reprendre pour lui tenir tête. Et ce qui prouve sa maîtrise c’est qu’alors, suivant la coutume des polémistes impulsifs, ils répondaient à ses raisons par des injures. Le plus passionné d’entre eux, Julien l’Apostat s’écriait : « Croirait-on que ce n’est pas un homme mais un homuncule qui ose me contredire ! »
Très jeune encore, Athanase mena, quelque temps, la vie d’ascète au désert de la Thébaïde et l’on suppose qu’il s’y mit sans l’obédience de ce Maître de la Pénitence : saint Antoine. Il écrivit dans cette solitude son Discours contre les Gentils où il pose ce principe que la source de toutes les erreurs qui troublaient le monde à son époque c’est le paganisme c’est-à-dire l’adoration des forces naturelles ou des facultés humaines divinisées. Il prend pour objet principal de sa critique non pas la vieille mythologie qui tombe en pourriture au fond des temples abandonnés, mais surtout le néo-platonisme en faveur parmi un grand nombre d’Alexandrins. Avec une sagacité merveilleuse, il analyse le désordre intellectuel et moral qui en résulte malgré les formes subtiles « éthérées » que les néo-platoniciens donnaient à leur idolâtrie. A leurs rêveries il oppose la doctrine catholique du Verbe. Et il le fait avec une solidité d’argumentation et une élévation de pensée bien définies par Bossuet lorsqu’il écrit : « Le caractère d’Athanase fut d’être grand partout. »
De retour à Alexandrie, il entra dans le clergé et y exerça pendant six ans l’office de lecteur. L’évêque le distingua, l’appela au diaconat et le choisit comme secrétaire.