Thomas, qui avait touché les plaies de Jésus, mourut sous les coups de bâton et sous les pierres dans l’Inde où, pour racheter une hésitation de sa foi, il porta l’Évangile.
Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, surnommé le Juste, fut précipité du sommet du Temple. Comme il respirait encore et murmurait le nom de Jésus, les Juifs lui broyèrent le crâne avec un marteau à foulon.
Philippe, qui avait demandé « à voir le Père » et à qui Jésus avait répondu : Celui qui me contemple voit aussi le Père, fut mis en croix par les Phrygiens idolâtres. Comme il tardait à mourir, comme il ne cessait de proclamer la Voie, la Vérité, la Vie, la foule le lapida furieusement pour lui imposer silence.
Barthélemy, qui est ce Nathanaël amené à Jésus par Philippe, fut écorché vif par les Arméniens auxquels il apportait la Parole sainte.
Mathieu, le publicain qui abandonna sans hésiter sa caisse, ses registres et ses sacs d’écus pour suivre le bon Maître, fut percé d’un coup de lance, tandis qu’il évangélisait l’Arabie.
Simon le zélé, plus zélé encore d’avoir compris la parole du Sauveur : « S’ils me persécutent, ils vous persécuteront aussi », conquit des âmes en Mésopotamie. Thaddée l’accompagnait, non moins fervent que lui. Ils furent sciés par le milieu du corps.
Ici se termine la liste des Apôtres. Il est dit, dans l’Apocalypse, que la Jérusalem céleste est entourée de quatre murailles. Dans chacune d’elles il y a trois portes afin que soient admis, par le baptême, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, les peuples du levant, du couchant, du nord et du midi. Ces douze portes sont fondées sur douze pierres précieuses où sont gravés les noms des douze apôtres et qui reposent elles-mêmes sur la pierre angulaire qui est Jésus-Christ. C’est une image de l’Église parvenue à sa perfection dans l’éternité. Et cela signifie encore : sur terre, on n’entre dans l’Église que par la doctrine des Apôtres dont elle a le dépôt.
Le martyre sanglant étant le trait caractéristique des saints qui vécurent aux trois premiers siècles, l’Église a voulu citer ces témoins de Jésus en nombre égal à celui des Apôtres dont ils poursuivirent les travaux. Il y a cinq papes, un évêque, un diacre et cinq laïques.
Lin, converti par saint Pierre et son premier successeur sur le siège apostolique, fut l’ami de saint Paul qui le nomme dans son épître à Timothée. Formé à pareille école, il propagea la foi d’une façon si intrépide que les prêtres des faux dieux le dénoncèrent à la police comme perturbateur. Il fut saisi et décapité aussitôt sans même avoir été mis en jugement.
Clet, son successeur, avait été esclave. Affranchi, saint Pierre le convertit comme Lin. On conjecture qu’il porta d’abord le nom d’Anaclet qui veut dire « l’irréprochable ». Par humilité, il l’abrégea en celui de Clet qui signifie « l’Appelé » du Seigneur. Son pontificat dura douze ans et se termina par la décapitation. En ce temps-là, être pape c’était se vouer à la mort rapide par le fer ou à la mort ralentie par la torture.