« Tout le monde le traitait avec respect. Sa présence répandait partout la vénération et un calme majestueux. Il me fut dit que c’était un ange sacerdotal et un messager de Dieu. Il était envoyé pour établir diverses institutions religieuses.

« Il conduisait des peuples, déplaçait et mêlait les races et fondait aussi des villes. Je l’ai vu en plusieurs pays avant le temps d’Abraham. Ensuite, je ne l’ai plus revu. »


La troisième prière après la consécration s’exprime ainsi :

« Nous vous supplions, Dieu tout-puissant : ordonnez que ces dons soient portés par votre Ange saint sur votre autel sublime, en présence de votre divine majesté, afin que nous tous qui, participant à cet autel, aurons reçu le corps et le sang très saints de votre Fils, nous soyons remplis de toutes les bénédictions célestes et de toutes les grâces. »

C’est ici que se manifeste l’humilité dont nous devons être pénétré lorsque, unis au prêtre, nous offrons à Dieu le corps et le sang de son Fils. Notre vie n’est pas assez innocente, notre cœur n’est pas assez mortifié, notre ferveur n’est pas assez ardente pour que nous osions présenter nous-mêmes les dons consacrés à Celui qui est toute perfection. La vue de l’Hostie immaculée et du calice salutaire, la pensée de l’inexprimable sainteté de l’offrande raniment en nous le sentiment de notre indignité. C’est pour cette raison que la liturgie nous invite à confier à un Ange l’oblation de Jésus et aussi la nôtre. Par là, nous nous conformons à la tradition la plus antique, souvent formulée dans l’Église, que les Anges ont assisté à l’œuvre de notre rédemption du commencement à la fin et qu’ils sont également présents et participants au sacrifice de la Messe.

Saint Jean Chrysostome dit : « En ce moment solennel, les Anges entourent le prêtre, le chœur entier des puissances célestes s’unit à lui ; il environne l’autel pour adorer la Victime qui y repose. » Puis le Saint raconte une vision au cours de laquelle, il vit et où les assistants virent aussi une multitude d’esprits célestes, revêtus de robes blanches, et qui se tenaient, la tête inclinée devant l’Hostie, « comme des guerriers autour de leur roi. »

Mais, parmi cette foule bienheureuse, quel est « l’Ange saint » dont l’Église demande qu’il soit son délégué auprès du Père tout-puissant ?

Certains pensent que ce pourrait être celui qui, au Jardin des Olives, descendit du ciel pour assister Jésus en son agonie et pour étancher la sueur de sang qui ruisselait de son corps jusqu’à terre.

D’autres y voient Saint Michel parce que l’Église, dans l’office de l’Archange, lui applique le texte de l’Apocalypse où il est dit : « Un Ange se tint devant l’autel, il avait un encensoir d’or et beaucoup d’encens lui fut donné afin qu’il plaçât les prières des fidèles sur l’autel d’or qui est devant le trône de Dieu. Et la fumée de l’encens que forment les prières des fidèles monta devant Dieu par la main de l’Ange. »