Quelques-uns croient qu’il s’agit de l’ange protecteur de l’église où l’on célèbre la Messe ou de l’Ange gardien du prêtre et qu’il le soutient, l’éclaire et le dirige, d’une façon toute spéciale, pendant qu’il officie.

Enfin, Nicolas Ghir renforce le mystère lorsqu’il rapporte que « plusieurs voyants eurent une dévotion particulière à cet esprit céleste mentionné au canon de la Messe mais qu’ils ont gardé le secret sur son nom ou sur sa personne. »

D’autre part, voici ce que le mystique ignoré Lapillus m’a confié : — J’ai eu souvent l’intuition vive que cet Ange, c’est Melchisédec. De même que par préfigure, il offrit le pain et le vin au temps d’Abraham, de même il les porte à Dieu, transsubstantiés tous les jours à l’autel…

Quoi qu’il en soit, retenons, une fois de plus, que, par notre présence au Saint-Sacrifice, avec les Apôtres, les Martyrs et les Anges, se manifeste l’étroite solidarité de l’Église militante avec l’Église triomphante. Et l’Église souffrante vient prendre aussi sa place dans l’assemblée des fidèles, afin que la prière des Bienheureux, des combattants pour Dieu sur la terre et des âmes qui expient en Purgatoire soit UNE dans le Père et l’Esprit, comme elle est UNE dans le Fils.

X
Avec les morts

Ce matin, l’on chante une messe de Requiem. Et il me semble que, foule vivante par-delà le tombeau, les âmes du Purgatoire emplissent toute l’église. Il me semble aussi qu’elles se pressent à nos côtés et qu’elles nous supplient de leur obtenir « le rafraîchissement, la lumière et la paix ».

Elles murmurent :

« Frères qui luttez pour votre salut dans le monde, souvenez-vous que nous sommes dans l’impuissance totale de prier Dieu afin qu’il abrège notre exil. Le désir nous consume de monter dans la Béatitude éternelle. Nous voyons Dieu ; nous ne voyons que Lui ; nous ressentons la plénitude de son amour au point qu’il nous est impossible de faire le moindre retour sur nous-mêmes et simultanément notre peine indicible consiste en ceci que l’ayant tant de fois offensé au cours de notre passage sur la terre, maintenant que nous nous sommes repentis de nos fautes, maintenant que nous sommes assoiffés de nous fondre en Lui, nous sommes séparés de Lui par une distance effrayante. Tout effort pour la réduire nous est impossible et nous ne savons rien sur la durée de notre supplice. De là, le feu perpétuel qui nous dévore.

« Notre tourment égalerait celui des damnés si la miséricorde de Dieu, tempérant sa justice, ne nous octroyait une certitude et un espoir : la certitude que Dieu nous attirera en Lui quand les taches qui nous restaient de nos fautes seront entièrement effacés par la flamme purificatrice ; l’espoir que vos prières pour nous rapprocheront le temps de notre délivrance.

« Frères ne nous oubliez pas dans la geôle obscure et brûlante où une sentence équitable nous tient captifs. Mais rappelez-vous que, pour nous soulager en nous appliquant les mérites de Jésus-Christ, pour concourir à notre libération, il vous faut la Grâce et que vous ne demeurerez dignes de la recevoir que si vous l’implorez d’une âme pénitente. Car Dieu la refuse à l’âme qui s’enlise, sans repentir, dans l’habitude du péché. »