Mais ce pain, c’est aussi celui de la doctrine éternelle. Dieu, à ce stade de la vie contemplative, en gratifie l’âme par des images lumineuses, comme un père présente aux regards émerveillés de son enfant les illustrations d’un beau livre où il lui apprend à lire.
Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra. — Parvenue à ce point, l’âme ne peut plus désirer qu’une chose, c’est que la volonté divine s’accomplisse en elle sur la terre comme elle s’accomplira dans le ciel. Par ce vœu elle se prépare à entrer dans la vie unitive.
Adveniat regnum tuum. — Que ton règne arrive, cela signifie : Seigneur Jésus, que ta présence me soit désormais habituelle, que je ne fasse qu’un avec toi !
Sanctificetur nomen tuum. — Si l’âme, proférant, d’un cœur sans réticences vers le monde, cette aspiration, a mérité d’être exaucée, elle entre dans la vie unitive.
Alors le nom du Père qui est aux cieux est réellement sanctifié par la créature restaurée dans sa dignité première, remise en possession de l’héritage incomparable qu’implique cette invocation : Notre Père !…
Contemplant le mystère d’amour infini renfermé dans le Pater, sainte Térèse s’écrie :
« Bon Jésus qui nous avez accordé la grâce inestimable de devenir vos frères, combien ce que vous donnez, de notre part est peu de chose en comparaison de ce que vous demandez pour nous. Oui certes, ce n’est qu’une bagatelle lorsqu’il s’agit de reconnaître les obligations que nous avons contractées envers Dieu. Mais pourtant, ô bon Maître, n’est-il pas vrai de dire qu’en nous faisant faire cette offrande, vous ne nous laissez plus rien parce que nous donnons tout ce qu’il nous est possible de donner ! »
C’est cela même : l’âme qui dit le Pater, avec tout le détachement qu’elle peut y mettre, se donne à Dieu comme Dieu se donne à elle.
XII
Le royaume de la Paix
Pacem meam do vobis dicit Dominus. Esurientes implevit bonis : Il a comblé de Lui-même ceux qui avaient faim de Lui.