I. Dieu après nous avoir châtiés par les calamités d’une guerre atroce a permis que l’intercession de la Vierge suspendît les effets de sa juste colère. Lui en témoignent-ils leur gratitude les catholiques qui, pour satisfaire de vaines ambitions, font alliance avec certains ennemis de l’Église et, pour leur plaire, acceptent de ne point combattre les lois tueuses d’âmes dont ces sectaires exigent le maintien ?
II. Alors que la France saignée à blanc aurait besoin que le précepte Crescite et multiplicamini fût plus que jamais observé, espèrent-ils attirer sur leur famille la bénédiction de Dieu les catholiques qui souillent le sacrement de mariage plutôt que d’avoir des enfants ?[1]
[1] En corollaire à cette question, l’on pourrait poser celle-ci : ceux qui ont charge de faire observer le précepte remplissent-ils, tous, leur devoir ? — On trouvera la réponse dans le beau livre de M. Paul Bureau : l’Indiscipline des mœurs, pages 164-167.
III. Enfin, sous la vague de matérialisme qui nous submerge, jamais la présence de Saints parmi nous n’a été plus nécessaire. Le pape très admirable que fut Pie X invita le clergé paroissial à la sainteté en lui donnant pour patron le Bienheureux Vianney… Avez-vous rencontré beaucoup d’imitateurs du curé d’Ars ?
Je crains fort que la réponse à ces trois questions ne tourne à notre confusion. Aussi l’épée de saint Michel demeure au fourreau. Aussi les puissances d’En-Bas redoublent d’activité pour la ruine de la patrie. Aussi ne peut-on guère considérer le cataclysme qui nous éprouva que comme le prologue d’un drame encore plus sinistre et où le premier rôle sera tenu par celui que Benson appela le Maître de la Terre — par l’Antechrist.
Il est bien que les derniers mots prononcés rituellement par nous après la messe soient ceux-ci : Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous ! — Nous sommes si chancelants et si versatiles qu’il nous faut perpétuellement invoquer la miséricorde du Bon Maître pour ne pas rester en détresse loin de lui.
Il est également bien que nous suivions les exercices où se pratique la dévotion au Sacré-Cœur. Mais gardons-nous de ceux où se manifeste un sentimentalisme odieusement douceâtre !
Or, dans maintes chapelles fréquentées par un public surtout féminin, on est obligé d’endurer des homélies sucrées jusqu’à l’écœurement et, sous prétexte de cantiques édifiants, des romances minaudières dont la ferveur affectée sombre dans une irrémédiable platitude. Le vin âpre et salubre de l’Évangile s’y coupe de sirop d’orgeat. Notre-Seigneur y est présenté comme une sorte de troubadour anémique, aux regards langoureux, aux gestes coquets, à l’élocution mignarde ; mais les âmes robustes se détournent de cette parodie indécente comme elles évitent les images, peinturlurées de rose et de bleu fadasses, qui infestent les devantures des boutiques dites d’objets de piété.
Il est nécessaire d’en instruire les chrétiens et particulièrement les dévotes qui s’acoquinent à ces niaiseries malfaisantes : la véritable dévotion réprouve cette religionnette de pacotille. La Mystique du Sacré-Cœur procède d’un ascétisme dont la sévère beauté fut exprimée par le symbole que nous décrit sainte Marguerite-Marie :