I. — Quand Pilate se lava les mains après ta condamnation, c’est moi qui tenais la cuvette.

II. — Quand les soldats mirent la Croix sur tes épaules, je dis, en ricanant, qu’elle n’était pas assez lourde.

III. — Quand tu tombas pour la première fois, c’est parce que j’avais ajouté le poids de ma sensualité à ce fardeau rédempteur.

IV. — Quand tu rencontras ta Mère, je me bouchai les oreilles parce qu’il m’ennuyait d’entendre ses sanglots.

V. — Quand le Cyrénéen t’aida à porter la Croix, j’étouffai le cri de ma conscience qui me disait de faire comme lui.

VI. — Quand Véronique te tendit le linge, où tu imprimas ta Face adorable, je haussai les épaules, la taxant d’ostentation.

VII. — Quand tu es tombé pour la seconde fois, c’était parce que je t’avais surchargé de mes curiosités imbéciles vers les choses du monde.

VIII. — Les filles d’Israël qui prétendaient te consoler, c’étaient mon entendement, ma volonté, mon imagination. Tu leur dis de pleurer sur elles-mêmes. Et je n’ai pas compris ta parole — à cause de mon cœur dur.

IX. — Quand tu es tombé pour la troisième fois, c’était parce que j’ai ajouté à la lourdeur de la Croix ce bloc de plomb : mon orgueil.

X. — Quand on t’a enlevé tes vêtements, j’ai fait cadeau à Satan de ta tunique trempée de ta sainte sueur et de ton sang versé pour moi.