Et toi seule, ô clarté de l’éternel Amour,
Immuable, malgré ces ombres qui s’étendent,
Tu brilles dans la mort de l’automne et du jour…
Sat prata biberunt : restons sur cette impression de beauté mélancolique et religieuse qu’un excellent poète nous octroya.
Note.
Peut-être qu’une antipathie de nature me rendit trop sévère pour Péguy. Si l’on en juge ainsi, qu’on lise, en compensation, le livre de M. Pierre Lasserre : les Chapelles littéraires (1 vol. chez Garnier). On y trouvera, sur Péguy et d’autres, un modèle de critique objective et qui met au point… bien des choses. J’y reviendrai ailleurs.
LETTRE X
LECTURES (prose).
Paulo minora canamus… Car, après tout, la prose, même d’une forme accomplie, ne vaudra jamais les beaux vers.
Si l’on demandait : — Quel est, à l’heure présente, le prosateur catholique à qui nous accorderons la palme ? un chœur de vieilles dames et de jeunes demoiselles, amies d’une religion « modérée », plaçant leur livre de caisse au même rang que leur paroissien, répondrait tout de suite : — Anselme Chambéry.
Eh bien non ! — M. Anselme Chambéry est un notable négociant qui s’entend, comme pas un, à fournir de morale mitoyenne sa clientèle « bien pensante ». Ayant pris, en solde, le fond de commerce de la maison Jorjonet, il tient boutique de camelote en peluche et en simili-bronze. C’est bleuâtre, c’est grisâtre ; cela transporte d’admiration force dactylographes sentimentales et un grand nombre de rentières qui aiment à enguirlander leur thé de cinq heures de quelques myosotis découpés dans de la percaline.