L’espoir qu’il faut, regret des grâces dépensées,

Douceur de cœur avec sévérité d’esprit

Et cette vigilance et le calme prescrit

Et toutes ! Mais encor lentes, bien éveillées,

Bien d’aplomb, mais encor timides, débrouillées

A peine du lourd rêve et de la tiède nuit[4]

[4] Sagesse. Il faut recommander ce livre de foi brûlante, ne fut-ce que pour l’opposer aux rhapsodies, empruntées à d’impardonnables mirlitons, qui encombrent de leurs réclames la presse catholique.

Certes, le bien-être moral, et même physique, qui résulte d’une bonne confession vaudrait à lui seul qu’on n’hésite pas à recourir, dès le pressentiment d’un péril, au sacrement de pénitence. Mais la joie de se remettre en état de grâce se double si l’on prend conscience que par là, on redevient le coopérateur de Jésus-Christ.

Oui, le coopérateur : car ne formons-nous pas, nous chrétiens, le corps mystique dont le Sauveur est la tête ? C’est, je crois, dans ce sens qu’on peut entendre le verset de saint Paul : « Comme le corps n’est qu’un, quoiqu’il ait plusieurs membres, et que tous les membres de ce seul corps, quoiqu’ils soient plusieurs, ne forment qu’un corps, il en est de même de Jésus-Christ. »

Si donc, en pensée, en parole ou en action, nous avons manqué à l’Esprit que ce Chef adorable fait circuler en nous, par sa Grâce, comme un arbre fait circuler la sève dans ses branches, nos œuvres ne nous sanctifient plus. C’est en vain que nous multiplions les élans de notre foi, notre prière ne s’élève pas vers le ciel. Nous voudrions qu’elle monte comme une alouette au zénith accueillant et voici qu’elle rampe dans les sillons comme un ver de terre.