Bonne Mère, sans votre aide toute-puissante, je n’aurais écrit que des sottises. Vous m’avez stimulé aux heures de dépression, consolé aux heures de découragement, éclairé aux heures d’obscurité. Sans Vous, j’aurais mérité un bonnet d’âne, tandis que Vous m’avez appris l’oraison.
Par Vous, pour Vous, je ferai peut-être un peu de bien en déterminant quelques-uns de mes frères attiédis à cette communion quotidienne où je puise toute ma force et tout mon espoir.
Maintenant, que j’ai posé la plume, souffrez que je vous célèbre, une fois encore, selon la reconnaissance qui déborde de mon cœur.
Refuge du pécheur, quand ton Fils m’eut tiré de la sentine où je jonglais avec des crottins de chevaux que je prenais pour des balles d’or, tu daignas me débarbouiller de tes mains très pures.
Salut de l’infirme, quand le diable essaya de me casser la tête à grands coups de névralgie, j’allais à ta Grotte et le parfum de violette, qui émanait de Toi, dissipait ma souffrance.
Secours du chrétien, quand ma fainéantise naturelle me chuchotait de rester au lit, tu me reprenais doucement. Et je me levais aussitôt et je courais recevoir le Pain nécessaire.
Vierge très prudente, lorsque brûlant de zèle pour ton Fils et pour Toi, je me préparais à crier à la face de quiconque : « Il faut aimer Jésus », tu me retenais en me disant tout bas : — Plutôt, chante.
Étoile du Matin, tu n’as cessé de luire au ciel de mon âme. Si tu t’éclipsais parfois, c’était pour céder la place à ce soleil incomparable à ce divin foyer d’amour : le cœur sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Sois bénie, sois remerciée, sois louée à jamais. Garde-moi ta protection.
Et quand je mourrai, fais que ce soit avec ton nom sur les lèvres, ô très clémente, ô très sainte, ô très douce Vierge-Marie. — Ainsi soit-il.