[9]: Ce n'est point sans des documents positifs que nous retraçons cet entretien, car il fut transcrit à l'instant même sous forme de demandes et réponses par M. de Champagny, et communiqué à l'Empereur. Il existe aux archives des affaires étrangères.

[10]: Celui que nous avons vu roi de nos jours, et amené par les événements à abdiquer la couronne pour se vouer au culte des arts, auxquels il a rendu dans son pays de grands services.

[11]: Certains historiens ont fort maltraité le major général Berthier pour les ordres donnés pendant ces quelques jours. J'ai lu ces ordres avec beaucoup de soin, je les ai comparés avec ceux de Napoléon, jour par jour et heure par heure, et je n'ai pu reconnaître la justice du blâme adressé au major général. Parti de Paris avec la confidence du plan de Napoléon qui consistait à se concentrer sur Ratisbonne, il voulut y procéder en ordonnant le 13 au général Oudinot de marcher sur cette ville; mais recevant en route une dépêche télégraphique de Napoléon qui lui ordonnait de tout reployer sur le Lech et sur Augsbourg, en cas d'hostilités prématurées, et de laisser dans tous les cas le maréchal Davout à Ratisbonne, il resta dans cette position jusqu'à l'arrivée de l'Empereur. Cela prouve une seule chose, la difficulté de diriger de loin les opérations militaires, car de près Napoléon aurait ordonné à Berthier ce qu'il ordonna effectivement dès qu'il arriva sur les lieux. Mais Berthier pouvait-il prendre sur lui de donner l'ordre si hardi de concentrer l'armée, par un double mouvement de flanc exécuté en présence de l'ennemi? On ne saurait guère l'imaginer. Napoléon lui-même, simple chef d'état-major au lieu d'être commandant en chef, ne l'aurait probablement pas osé. Tout ce qu'on peut dire ici de l'un et de l'autre, c'est que Berthier avait des ordres dont il n'osa pas s'écarter, et que Napoléon était trop loin pour les modifier d'après les faits qui étaient survenus. On fut surpris par les événements, ce qui était la faute de la politique, bien plus que de la direction imprimée aux opérations militaires.

[12]: Ce fait ressort d'une conversation avec le duc de Rovigo, qui la rapporte sans en pouvoir juger la portée, ne sachant ni les événements qui se passaient, ni les ordres que Napoléon avait donnés.

[13]: C'est ainsi que le raconte le général Stutterheim dans son excellent récit de la campagne de 1809. Il semble croire que Schneidart nous fut enlevé.

[14]: J'ai eu souvent beaucoup de peine pour démêler la vérité entre les assertions contradictoires des témoins qui rapportent les événements militaires: je n'en ai jamais eu autant qu'en cette occasion, et notamment pour le combat de Tengen. Nous avons le récit sage, clair, modeste du général Stutterheim, et en outre beaucoup de relations allemandes. Nous avons, du côté des Français, le général Pelet et les relations manuscrites des généraux Saint-Hilaire, Friant, Montbrun, et ce qui vaut mieux, un récit du maréchal Davout lui-même. Toutes ces relations se contredisent, quant aux lieux, aux heures, et aux corps engagés. Après les avoir lues et relues jusqu'à cinq et six fois chacune, je suis parvenu à établir les faits tels que je les rapporte, et je crois le récit que j'en donne aussi rapproché de la vérité que possible. Ce dont je suis certain, c'est d'avoir conservé à l'événement son vrai caractère, et c'est ce qui importe surtout à l'histoire. Les notes que j'ai réunies à cet égard composeraient à elles seules un mémoire comme ceux qu'on rédige pour l'Académie des inscriptions.

[15]: Ici encore je renouvelle l'avertissement que ces chiffres ne peuvent être qu'approximatifs. Les bulletins, et les historiens qui ont copié ces bulletins, parlent avec une assurance singulière de chiffres bien autrement élevés, mais je les crois tous inexacts. J'ai pour les divisions Friant et Saint-Hilaire un état authentique des pertes. Quant aux Autrichiens, les chiffres donnés par le général Stutterheim sont démentis par les pertes totales avouées à la fin des opérations qui eurent lieu autour de Ratisbonne. C'est après des comparaisons multipliées que je suis arrivé à déterminer les nombres que je présente ici, et je les crois aussi rapprochés que possible de la vérité. Je ne reviendrai plus sur un tel avertissement, qui devra servir pour toute la suite de cette histoire. Je me borne à répéter que dans les récits de guerre, surtout quand il s'agit des nombres, on ne peut jamais obtenir que la vérité approximative, et que je n'ai pas la prétention d'en donner une autre. Mais j'ajoute que je n'ai rien négligé pour ramener le plus possible cette vérité approximative à la vérité absolue.

[16]: Sa correspondance, qui pendant cette nuit se compose d'une longue suite de lettres, et qui est restée ignorée des historiens, fait connaître avec la plus grande précision la série d'idées par laquelle il passa avant de prendre son parti, et de donner ses ordres définitifs pour la bataille d'Eckmühl. C'est un spectacle des plus curieux et des plus instructifs pour l'étude de l'esprit humain, que cette correspondance de quelques heures. Je l'ai lue plusieurs fois avec soin, et j'en ai déduit les faits que je rapporte.

[17]: Je n'énonce ces chiffres qu'après avoir réduit toutes les exagérations des bulletins.

[18]: L'irritation de Napoléon dans cette circonstance fut telle qu'il écrivit plusieurs lettres au prince Eugène, et voulut faire poursuivre le général Sahuc; il le voulut surtout après la bataille de Raab, où ce général ne racheta pas la faute de Pordenone. Le général Sahuc, écrivit-il, est de ceux qui ont assez de la guerre. Malheureusement le nombre s'en augmentait tous les jours par la faute de Napoléon.