[19]: C'est d'après des documents authentiques que je donne ces détails, et pleinement assuré de leur rigoureuse vérité. La correspondance du prince Eugène, celle de Napoléon, des mémoires manuscrits fort précieux du maréchal Macdonald, révèlent d'une manière encore plus circonstanciée tout ce que je rapporte ici de la campagne d'Italie en 1809.

[20]: Ces paroles sont une allusion aux propos habituels que tenait à cette époque une jeunesse, brillante mais légère, accourue, à la suite de la restauration du trône, sur les champs de bataille et dans les antichambres de Napoléon, se montrant aussi brave sur les uns, qu'élégante dans les autres, et médisant volontiers des vieux généraux de la révolution, et de Masséna en particulier. Ce dernier joignait à beaucoup d'esprit naturel un caractère simple mais rude et peu facile. La jeune cour de Milan, craignant qu'on ne l'envoyât commander l'armée d'Italie, s'exprimait très-défavorablement sur son compte. La même chose s'était passée à la cour de Naples, où il n'avait pu rester.

[21]: Le général Grünn, principal officier d'état-major de l'archiduc Charles, et officier de beaucoup d'esprit, a plusieurs fois traité cette thèse, dans des lettres et des écrits anonymes publiés en Allemagne, mais toujours au profit de son chef, et dans l'intention de placer sa conduite bien au-dessus de celle de Napoléon. Nous croyons ses raisons extrêmement faibles, et détruites par celles que nous présentons dans ce récit.

[22]: J'analyse ici fidèlement les lettres de Napoléon et du prince Berthier au maréchal Masséna, pour qu'on puisse bien apprécier à quel point était motivé le combat d'Ébersberg, l'un des plus terribles de nos longues guerres, et qui tout en faisant ressortir la prodigieuse énergie de Masséna, lui fut cependant reproché comme une inutile effusion de sang.

[23]: Le général Mayer, officier attaché à l'état-major de l'archiduc Jean, dévoué comme de juste à sa gloire, et beaucoup moins à celle de l'archiduc Charles, a prétendu, dans un récit dont nous avons déjà parlé, que l'archiduc Jean voulait passer à travers les Alpes, et se jeter en Bavière, mais qu'il en fut empêché par la précipitation du général Chasteler à abandonner le Tyrol italien. D'après ce récit, le général Chasteler, se hâtant trop de courir dans le Tyrol allemand pour y tenir tête aux Bavarois, aurait livré à l'armée française d'Italie la route des Alpes, et rendu impossible le mouvement de l'archiduc Jean vers l'archiduc Charles. Je dois dire que rien ne justifie cette assertion, inspirée par le zèle d'un lieutenant pour la renommée de son chef, et que tout prouve au contraire que l'archiduc Jean, en apprenant les événements de Ratisbonne, ne songea qu'à se retirer vers la Hongrie, pour n'être pas débordé par le mouvement de Napoléon sur Vienne.

[24]: J'ai fait pour évaluer les forces employées dans ces deux grandes journées du 21 et du 22 mai, et qu'on appelle bataille d'Essling en France, bataille d'Aspern en Allemagne, des efforts consciencieux, ainsi que pour toutes les autres grandes journées de cette époque. On possède à leur sujet, comme documents, des ouvrages imprimés tant en France qu'à l'étranger, et qui contiennent les assertions les plus exagérées dans un sens comme dans l'autre. On possède en outre les états du dépôt de la guerre, qui sont rédigés trop loin des faits, puisqu'on les dressait à Paris, pour qu'ils puissent être exacts. On possède enfin les propres livrets de l'Empereur, dressés à l'état-major général par les bureaux de Berthier, et qui par ce motif sont plus rapprochés de la vérité. Toutefois ces derniers eux-mêmes sont constitués en erreur par les assertions des généraux, qui ne s'attribuent pas toujours dans leurs récits les nombres de combattants que leur attribuaient les bureaux de Berthier. En comparant ces documents on voit que les Autrichiens ont supposé que toute l'armée française avait passé le Danube, et se sont donné 70 mille hommes, contre 80 ou 100. Les historiens français, au contraire, ont parlé de 40 mille Français luttant deux jours contre 100 mille Autrichiens. La vérité est entre ces extrêmes. La voici, reproduite aussi exactement que possible.

Les forces passées le 20 et dans la matinée du 21 furent:

La division Molitor6,500hommes.
La division Boudet5,000
La division Legrand4,500
Les divisions de cavalerie légère Marulaz et Lasalle4,500
Les cuirassiers Espagne2,000
———
22,500hommes.

C'est-à-dire 22 ou 23 mille hommes. Les états donnent des chiffres plus élevés, mais ces chiffres sont évidemment inexacts.

Dans la soirée du 21 il passa: