| La division Carra Saint-Cyr | 6,000 | hommes. |
| Les cuirassiers Saint-Germain | 1,500 | |
| ——— | ||
| 7,500 | hommes. |
Ce qui porte les forces pour le premier jour à un total
| de | 22,500 | passés le matin du 21. |
| 7,500 | passés le soir du 21. | |
| ——— | ||
| 30,000 | hommes. | |
| Le lendemain 22 il passa: | ||
| Les deux divisions Oudinot | 11 ou 12,000 | hommes. |
| La division Saint-Hilaire | 8,000 | |
| La garde | 6 ou 7,000 | |
| La division Demont | 3,000 | |
| ——— | ||
| Total | 60,000 | hommes. |
Ainsi, en réalité, la première journée d'Essling, celle du 21, commença avec 22 ou 23 mille hommes, et s'acheva avec 30 mille. La seconde, et la plus terrible, celle du 22, fut livrée avec 60 mille hommes contre environ 90 mille. Mais, comme on le verra plus tard, ce ne furent pas les forces qui manquèrent, ce furent les munitions. Avec ces 60 mille hommes Napoléon aurait gagné la bataille, si les convois d'artillerie avaient pu lui arriver.
[25]: Je tiens ces détails de la bouche même de M. le maréchal Molitor, sous la dictée duquel je les ai écrits le jour où il me les donnait, pour ne pas en perdre le souvenir.
[26]: Il est encore plus difficile d'approcher de la vérité pour l'évaluation des forces autrichiennes que pour l'évaluation des forces françaises. Pourtant un récit d'Essling, fourni par l'archiduc Charles, donne en bataillons et escadrons, pour
| Hiller, 1re colonne | 19 | bataillons, | 22 | escadrons. |
| Bellegarde, 2e colonne | 20 | — | 16 | — |
| Hohenzollern, 3e colonne | 2 | — | 8 | — |
| Rosenberg, 4e colonne | 13 | — | 8 | — |
| Rosenberg, 5e colonne | 13 | — | 16 | — |
| Grenadiers | 16 | — | " | — |
| Réserve de cavalerie | " | — | 78 | — |
| —— | —— | |||
| Total | 103 | bataillons, | 148 | escadrons. |
La difficulté consiste à évaluer la force des bataillons, force qu'on ignorait probablement à l'état-major autrichien le jour de la bataille, qui était de 1,000 ou 1,200 hommes à l'ouverture de la campagne, et qui devait être au moins de 6 ou 700 hommes les 21 et 22 mai. En supposant 650 hommes par bataillon, 120 à 130 par escadron, on obtient environ 65 mille hommes d'infanterie, 20 mille de cavalerie, et en en supposant 5 mille d'artillerie pour 288 bouches à feu, évaluation fort modérée, on arrive à environ 90 mille hommes. Les bulletins français relatent une force plus considérable, mais ils sont évidemment inexacts. Quatre-vingt-dix mille hommes me semblent l'assertion la plus vraisemblable. La vérité absolue en ce genre est impossible à obtenir, comme je l'ai dit bien des fois. Il faut exiger de l'historien qu'il s'en approche le plus possible, et ne pas lui demander ce que ne savaient pas même les chefs des armées combattantes. Mais deux ou trois mille hommes importent peu, et ne changent pas le caractère de l'événement. Aucun gouvernement, même le mieux servi, celui qui a la meilleure comptabilité, ne sait, quand il paye cent mille hommes, qui sont vraiment dans le rang, combien il y en a qui servent utilement le jour d'une bataille, car il y a les détachés, les malades de la route, les malades de la veille, ceux du matin, ceux du soir. L'histoire ne peut donc prétendre en savoir plus que les gouvernements eux-mêmes, qui payent les armées. L'important est de conserver le caractère de ces grands événements, et c'est à quoi on arrive en s'efforçant de se tenir, pour les nombres, les distances, les durées, les circonstances de détail, le plus près possible de la vérité. J'ai la conscience de n'avoir rien négligé à cet égard, et je crois avoir réuni plus de documents, plus travaillé sur ces documents, qu'on ne l'avait fait avant moi. Je ne suis jamais en repos, je l'affirme, quand il reste quelque part un document que je n'ai pas possédé, et je ne me tiens pour satisfait que lorsque j'ai pu le consulter.
[27]: Le général César de Laville, excellent officier originaire du Piémont, aussi énergique que spirituel, digne sous tous les rapports de sa brave nation, est mort récemment en France, où il s'était établi. C'est de sa propre bouche que j'ai recueilli tous les détails rapportés ici, et pour être plus sûr de ma mémoire, je le priai de me les écrire, ce qu'il fit de Saint-Sauveur en 1844, dans une lettre curieuse de vingt-quatre pages, que j'ai conservée comme un monument historique des plus intéressants. Je me suis servi d'un document non moins curieux de M. Baudus, aide de camp du maréchal Bessières, qui a bien voulu m'écrire aussi tout ce qu'il avait vu. J'ai recueilli encore d'autres détails de la bouche du maréchal Molitor, du général duc de Mortemart, du général Petit, du général Marbot, du maréchal Reille, tous présents à Essling et à Wagram, et j'ai complété avec leurs renseignements la foule de documents écrits contenus au dépôt de la guerre. Je me suis du reste toujours borné aux détails qui étaient d'une authenticité incontestable.
[28]: Dans une lettre curieuse adressée au maréchal Davout, au milieu de la bataille, le major général Berthier écrit que dès dix heures du matin les munitions manquèrent. Nous citons cette lettre, qui donne à la journée son vrai et sinistre caractère.