Le major général au duc d'Awerstaedt, à Vienne.

«Rive gauche du Danube, à la tête de pont,
le 22 mai 1809, à midi et demi.

»L'interruption du pont nous a empêchés de nous approvisionner. À dix heures nous n'avions plus de munitions; l'ennemi s'en est aperçu, et a remarché sur nous. 200 bouches à feu, auxquelles depuis dix heures nous ne pouvions répondre, nous ont fait beaucoup de mal.

»Dans cette situation de choses, raccommoder les ponts, nous envoyer des munitions et des vivres, faire surveiller Vienne, est extrêmement important. Écrivez au prince de Ponte-Corvo pour qu'il ne s'engage pas dans la Bohême, et au général Lauriston pour qu'il soit prêt à se rapprocher de nous. Voyez M. Daru pour qu'il nous envoie des effets d'ambulance et des vivres de toute espèce.

»Aussitôt que le pont sera prêt, ou dans la nuit, venez vous aboucher avec l'Empereur.

»Signé: Alexandre.»

[29]: Leur bulletin officiel avouait 20 mille, et quand on sait à quel point ils y défiguraient la vérité à leur avantage, on doit supposer un nombre infiniment plus considérable. C'est d'après divers documents contenus au dépôt de la guerre, et émanés des Autrichiens eux-mêmes, que je m'arrête au chiffre indiqué ici.

[30]: Il faut bien qu'il en soit ainsi pour expliquer et justifier l'assertion des narrateurs autrichiens, qui ne donnent pas plus de 12 mille hommes à l'archiduc Jean armé à Grätz, tandis qu'il en avait certainement quarante et quelques mille sous Vérone. Avec le détachement du ban Giulay il ne lui en restait pas plus de 20 à 24 mille en tout. Il n'y a donc pas exagération dans l'évaluation de ses pertes, que nous donnons ici, après avoir beaucoup atténué les rapports du prince Eugène et du général Macdonald, rapports qui sont pleins au reste d'une remarquable modestie, et forment un singulier contraste avec les récits fastueux des généraux autrichiens.

[31]: Les historiens anciens, et ceux du moyen âge, ont allégué en quelques occasions des nombres de combattants beaucoup plus considérables, mais une foule de raisons, inutiles à rapporter ici, prouvent que ces allégations sont tout à fait exagérées. Je crois donc vrai de dire qu'il ne s'était pas rencontré encore autant d'hommes, armés d'aussi puissants moyens de destruction, sur un même champ de bataille.

[32]: C'était Kollowrath qui le commandait au début de la guerre.