»Je reçois la lettre du général Drouet du 22 octobre, de Valladolid.
»Les dispositions qu'il fait pour rouvrir les communications avec le Portugal ne me paraissent pas satisfaisantes. Réitérez-lui l'instruction d'aller à Alméida, et de réunir des forces considérables, pour pouvoir être utile au prince d'Essling et aider à ouvrir ses communications.
»Il faudrait qu'il donnât au général Gardanne ou à tout autre général une force de 6 mille hommes avec 6 pièces de canon pour rouvrir la communication, et qu'un autre corps de même force se trouvât à Alméida pour correspondre avec lui. Enfin il est important que les communications de l'armée de Portugal soient rétablies, afin que pendant tout le temps que les Anglais ne se seront pas rembarqués, il puisse assurer les derrières du prince d'Essling.
»Envoyez-lui le Moniteur d'aujourd'hui, où il y a des nouvelles de Portugal venues de Londres.
»Aussitôt que les Anglais seront rembarqués, il portera son quartier général à Ciudad-Rodrigo, mon intention n'étant pas que le 9e corps s'engage dans le Portugal, à moins que les Anglais ne tiennent encore, et même le 9e corps ne doit jamais se laisser couper d'Alméida, mais il doit manœuvrer entre Alméida et Coimbre.
»Écrivez au général Drouet qu'il me tarde fort d'avoir des nouvelles de Portugal; que cela est important sous tous les points de vue, et qu'il faut que les communications soient rétablies de manière à avoir des nouvelles, sinon tous les jours, au moins tous les huit jours.
»Demandez-lui l'état des troupes laissées sur les derrières, de la division Seras, de ce qu'a laissé le prince d'Essling, cavalerie, infanterie, artillerie, enfin de ce qui est dans le 6e gouvernement.»
«Au major général.
»Paris, le 20 novembre 1810.
»Vous trouverez ci-joint l'extrait des derniers journaux anglais. Vous sentirez l'importance d'expédier un officier d'état-major au général Drouet pour lui faire connaître qu'au 1er novembre il n'y avait pas encore eu de bataille; que l'armée française avait sa gauche à Villa-Franca et sa droite à Torrès-Védras, et que l'armée anglaise était à quatre lieues de Lisbonne; que 10 mille hommes de milices occupent Coimbre et interceptent la route, que la cavalerie n'est presque d'aucun usage; qu'il est donc important qu'il ne fasse point de petits paquets et qu'il rouvre les communications avec le prince d'Essling avec un fort corps; que je compte du reste sur sa prudence pour ne pas se laisser couper d'Alméida.