»Il paraîtrait par les journaux anglais que la garnison de Coimbre se serait laissé surprendre du 10 au 15 octobre et aurait laissé prendre 1,500 malades qui se trouvaient dans cette place.

»Réitérez les ordres aux généraux Caffarelli, Dorsenne et Reille pour l'exécution des mouvements que j'ai ordonnés précédemment, c'est-à-dire que la garde se réunisse à Burgos; que tout ce qui appartient au général Drouet lui soit envoyé. Recommandez au général Kellermann de ne pas retenir la division Conroux et de la laisser filer sur Salamanque.

»Quand les fusiliers de la garde arrivent-ils à Bayonne? Vous donnerez l'ordre qu'ils se reposent deux jours à Bayonne. Les détachements qui se trouvent au camp de Marac joindront leurs compagnies.

»Écrivez au duc de Dalmatie pour lui faire connaître ce que disent les Anglais de l'armée de Portugal, et lui faire comprendre l'importance de faire une diversion en faveur de cette armée.»

Ces lettres, comme on le voit, sont toutes antérieures d'un mois ou deux à la situation que nous décrivons; mais elles contiennent expressément le principe de toutes les instructions données depuis par le ministère de la guerre au général Drouet, et expliquent la position ambiguë de ce général, qui, partagé entre le désir de secourir Masséna et celui de ne pas perdre ses communications, fut pour l'armée de Portugal plus embarrassant qu'utile.

[24]: Le même qui a publié un excellent ouvrage sur les siéges soutenus par les Espagnols et les Français dans Badajoz.

[25]: Dans son ouvrage sur les divers siéges de Badajoz, le général Lamare exprime l'opinion suivante:

«Parmi les beaux faits des assiégeants, nous ne laissons pas que de trouver aussi des fautes, et la franchise avec laquelle nous allons les exposer justifiera les éloges que nous venons de leur donner.

»Nous n'avons cependant pas le dessein d'entrer dans un examen détaillé de toutes celles qui ont été commises, car, pour y parvenir, il faudrait suivre les attaques jour par jour, et rédiger pour ainsi dire une nouvelle relation; nous nous bornerons donc à signaler celles qui nous paraissent les plus graves.

»Voici en peu de mots leur exposé: D'abord la cause principale qui a autant prolongé la durée du siége vient de ce que le premier point d'attaque des assiégeants, celui du centre, fut mal choisi. Le général Léry aurait dû profiter de l'avantage que lui offrait la position saillante du bastion dont le revêtement, vu en partie de la campagne, n'était protégé alors que par un simple chemin couvert, diriger rapidement sur ce bastion une vigoureuse attaque et cheminer en capitale jusqu'aux glacis, de manière à couronner le chemin couvert en moins de huit jours. Pendant cette opération, une seconde attaque aurait été conduite également vers Pardaleras, pour éteindre les feux de ce fort et l'enlever de vive force.