ont été invariablement échangés,—parmi d’autres, comme le mot ou la phrase
donné ci-dessus. Le signe d’appel ordinaire était
et il faisait accourir l’individu qui le recevait. Lorsque tous les Xipéhuz étaient invités à une réunion générale, je n’ai jamais failli à observer un signal de cette forme
représentant la triple apparence de ces êtres.
Les Xipéhuz ont d’ailleurs des signes plus compliqués, se rapportant non plus à des actions similaires aux nôtres, mais à un ordre de choses complètement extra-humain, et dont je n’ai rien pu déchiffrer. On ne peut entretenir le moindre doute relativement à leur faculté d’échanger des idées d’un ordre abstrait, probablement équivalentes aux idées humaines, car ils peuvent rester longtemps immobiles à ne faire rien autre chose que converser, ce qui annonce de véritables accumulations de pensées.
Mon long séjour près d’eux avait fini, malgré les métamorphoses (dont les lois varient pour chacun, faiblement sans doute, mais avec des caractéristiques suffisantes pour un épieur opiniâtre), par me faire connaître plusieurs Xipéhuz d’une façon assez intime, par me révéler des particularités sur les différences individuelles.... dirais-je sur les caractères? J’en ai connu de taciturnes, qui, quasi-jamais, ne traçaient une parole; d’expansifs qui écrivaient de véritables discours; d’attentifs, de jaseurs qui parlaient ensemble, s’interrompaient les uns les autres. Il y en avait qui aimaient à se retirer, à vivre solitaires; d’autres recherchaient évidemment la société; des féroces chassaient perpétuellement les fauves, les oiseaux, et des miséricordieux souvent épargnaient les animaux, au contraire, les laissaient vivre en paix. Tout cela n’ouvre-t-il pas à l’imagination une gigantesque carrière? ne porte-t-il pas à imaginer des diversités d’aptitudes, d’intelligence, de forces analogues à celles de la race humaine?
Ils pratiquent l’éducation. Que de fois j’ai observé un vieux Xipéhuz, assis au milieu de très jeunes, leur rayonnant des signes que ceux-ci lui répétaient ensuite l’un après l’autre, et qu’il leur faisait recommencer quand la répétition en était imparfaite!