Au loin, dans la transparence fraîche du matin, coulait la jolie source; sur les bords, réunie, la troupe fantastique des Formes resplendissait. Leur couleur avait varié. Les cônes étaient plus compacts, leur teinte turquoise avant verdi, les Cylindres se nuaient de violet et les Strates ressemblaient à du cuivre vierge. Mais chez toutes, l’étoile pointait ses rayons qui, même à la lumière diurne, éblouissaient.

La métamorphose s’étendant aux contour des fastamagoriques Entités, des cônes tendaient à s’élargir en cylindres, des cylindres se déployaient, tandis que des strates se curvaient partiellement.

Mais, comme la veille, tout à coup les Formes ondulèrent, leurs Étoiles se prirent à palpiter; le Héros, lentement, repassa la frontière de Salut.

II

EXPÉDITION HIÉRATIQUE

La tribu de Pjehou s’arrêta à la porte du grand Tabernacle nomade où les chefs seuls entrèrent. Dans le fond rempli d’astres, sous l’image mâle du Soleil, se tenaient les trois grands-prêtres. Plus bas qu’eux, sur les degrés dorés, les douze sacrificateurs inférieurs.

Le Héros s’avança, dit au long la terrifique aventure de la forêt de Kzour, que les prêtres écoutaient, très graves, étonnés, sentant un amoindrissement de leur puissance devant cette aventure extra-humaine.

Le suprême grand-prêtre exigea que la tribu offrît douze taureaux, sept onagres, trois étalons au Soleil. Il reconnut aux Formes les attributs divins, et, après les sacrifices, résolut une expédition hiératique. Tous les prêtres, tous les chefs de la nation zahelal, devaient y assister.

Et des messagers parcoururent les monts et les plaines à cent lieues autour de la place où s’éleva plus tard l’Ecbatane des mages. Partout la ténébreuse histoire faisait se dresser le poil des hommes, partout les chefs obéirent précipitamment à l’appel sacerdotal.

Un matin d’automne, le Mâle perça les nues, inonda le Tabernacle, atteignit l’autel où fumait un cœur saignant de taureau. Les grands-prêtres, les immolateurs, cinquante chefs de tribu, poussèrent le cri triomphal. Cent mille nomades, au dehors, foulant la rosée fraîche, répétèrent la clameur, tournant leurs têtes tannées vers la prodigieuse forêt de Kzour mollement frissonnante. Le présage était favorable.