O cloîtres blancs perdus…

—Soleils soufrés croulant dans les bois dépouillés…

… Paris! ses vieux dimanches

dans les quartiers tannés où regardent des branches

par-dessus les murs des pensionnats, etc.[3]

[3] Lettre du 22 janvier 1906.

Dès ce moment il demandait à la poésie une certaine traduction, en langage clair et insaisissable, de la plus humble réalité. C'est pourquoi Jammes, que nous avions découvert dans l'Angélus de l'aube…, l'avait du premier coup enchanté.

Toute la campagne, non pas celle qu'on visite, mais celle où Fournier était né et dont il sentait l'imprégnation, revivait dans ces lignes un peu tremblantes, privées de toute architecture interne, que Jammes traçait, les unes au-dessous des autres, d'une main paisible et maladroite exprès. La façon dont les mots y venaient, à leur place physique plutôt que significative, et dont ils incarnaient les animaux, les arbres, les métairies, en suggérant simplement l'odeur, la couleur ou la forme; la peinture de chaque heure du jour, avec son soleil propre et l'exacte déclivité des ombres; ces vers si tangibles que certains pouvaient être tenus entre les mains comme une gaule, d'autres froissés dans les doigts comme une feuille de menthe,—toute cette poésie matérielle et pure l'enchantait.

Nous ne séparerons pas la vie d'avec l'art.

Fournier s'empara tout de suite de ce vers faux, ou mal cadencé, et le fit marcher longtemps à cloche-pied, en avant-garde de son œuvre, comme un chemineau et comme un guide.