Vitalis ouvrait la marche, la tête haute, et il marquait la mesure des bras et des pieds en jouant une valse sur un fifre en métal. Derrière lui marchait Capi, portant sur son dos Joli-Cœur, en costume de général anglais, costume rouge, galonné d'or, avec un chapeau surmonté d'un large plumet. Puis derrière Capi marchaient Zerbino et Dolce. Enfin, Remi formait la queue du cortège.
Les sons perçants du fifre allaient dans les maisons éveiller la curiosité des habitants d'Ussel.
La salle de spectacle était marquée par une corde attachée à quatre arbres, formant un carré long.
La première partie de la représentation consista en différents tours exécutés par les chiens. Avec son violon, Vitalis accompagnait les exercices des chiens, jouant tantôt des airs de danse, tantôt une musique douce et tendre.
La première partie terminée, Capi prend une sébile entre ses dents et, marchant sur ses pattes de derrière, passe dans les rangs de la foule. Et les sous tombent dans la sébile, et Capi porte fièrement à son maître la sébile toute pleine.
C'est maintenant le tour de Remi et de Joli-Cœur.
—Mesdames et messieurs, dit Vitalis, nous allons continuer le spectacle par une charmante comédie intitulée: Le Domestique de M. Joli-Cœur ou Le plus bête des deux n'est pas celui qu'on pense. Ouvrez les yeux, ouvrez les oreilles et préparez vos mains pour applaudir!
Cette comédie était en réalité une pantomime pour cette bonne raison que deux des principaux acteurs, Joli-Cœur et Capi, ne parlaient pas et que le troisième était parfaitement incapable de dire deux mots.