Le bananier, avec ses nombreuses variétés, peut produire 24,000 kilogrammes de fruits par hectare, donnant 5,800 kilogrammes de farine. Un régime de bananes peut atteindre le poids de 25 à 30 kilogrammes.
Le topinambour, la citrouille, le châtaignier de Guyane réussissent. L’arbre à pain, qui n’a pas de gluten, est impropre à faire du pain.
2o Plantes aromatiques et condimentaires. — La première est la vanille : c’est une orchidée qui, à l’état sauvage, donne le vanillon, valant déjà 25 à 30 francs le kilogramme. On la cultive sous trois variétés : la grosse vanille, la petite et la longue, également parfumées. Le fruit a la forme d’une baie charnue à trois côtes remplie d’une fine semence brune. En deux ou trois ans, un hectare produit de 200 à 500 kilogrammes de gousses marchandes, valant 30 à 70 francs le kilogramme, suivant la qualité et la longueur. Il est étonnant, dit M. Bassières, que cette culture, qui n’exige ni main-d’œuvre considérable, ni grands capitaux, ne soit pas pratiquée en grand à la Guyane.
Les cannelliers donnent des produits supérieurs, qui ont contribué beaucoup autrefois à la prospérité agricole de la Guyane.
Le poivrier, le giroflier, le muscadier, le gingembre sont très estimés, ce dernier surtout, par les Anglais, qui en mettent dans tous leurs aliments et même dans leurs boissons. Il faut citer aussi le safran, le vétiver, le bois d’Inde, l’oranger, le citronnier, l’herbe appelée citronnelle, qui a un goût prononcé de citron sans être acide, et passe pour un fébrifuge ; enfin, le bergamotier, le diapana, le mandarinier, le cerisier de Cayenne, etc.
Parmi les plantes aromatiques seulement, il y a une série de bois dont le principal est le bois de rose : son essence est jaune, a le parfum de rose et vaut 25 francs le litre. La Guyane exporte en France à la fois l’essence et le bois. Les autres plantes aromatiques guyanaises sont le sassafras, le gaïac, dont l’amande parfumée est très recherchée, le couchiri, la maniguette, la liane-ail, l’ambrette, le couguericou, etc.
3o Plantes tinctoriales. — La principale est le rocouyer, qui produit la bixine, matière colorante jaune rougeâtre. L’indigotier pousse sans culture et abonde en certains endroits. Le safran contient une résine jaune employée en cuisine et en médecine, sans parler de la chimie et de la teinturerie ; il abonde en Guyane.
Parmi les essences forestières, il y a le bois de campêche, le bois de grignon servant pour le tannage, le bois du Brésil, l’aréquier, le palétuvier, la gomme-gutte qui donne une couleur jaune.
Le caraguérou donne une couleur rouge. Le bougouani donne une couleur foncée, tirant sur le noir. Le simira donne un rouge vif. Le balourou donne le pourpre. Enfin, le bois violet est déjà par lui-même d’une magnifique couleur violet sombre. Il faudrait citer encore le goyavier, le génipa, le mincoart, etc., etc.
4o Plantes oléagineuses. — L’arachide, si cultivée en Afrique et dans l’Amérique du Nord, est naturelle en Guyane ; or, la France importe annuellement plus de cent mille tonnes d’arachides, valant 200 francs la tonne.