On fait également de la filasse avec le moucou-moucou, l’ouadé-ouadé, le rose de Chine, le calou ou gombo (okra en Californie), et avec des fibres de grands arbres comme le maho, le balourou, le canari macaque.

Les larges feuilles en éventail de l’arouman donnent avec leurs côtes des lanières dont on fait en Guyane toute espèce d’objets en vannerie et en sparterie, d’une solidité à toute épreuve. Les indigènes les teignent en rouge par le rocou, ou en noir par le génipa, et, en entremêlant les couleurs, font des dessins pittoresques. On pourrait en faire des chaises de paille, etc.

Le fromager a ses graines enveloppées d’un duvet cotonneux, long, de couleur brune, appelé soie du fromager. Aux Antilles on en fait des matelas et des oreillers. Aux Etats-Unis, on en fait des chapeaux de soie.

Je citerai encore, comme textiles, le kérété, le piaçaba, le bambou, la feuille à polir, le cocotier, l’aouara, les bâches, beaucoup d’autres palmiers très nombreux en Guyane, et enfin toute espèce de lianes, dont on fait des cordes, des liens grossiers, même des manches de fouet.

6o Plantes médicinales. — L’ipéca est fourni par beaucoup de plantes, rubiacées, violacées, ménispermées, etc.

Le bois piquant jaune, usité comme vulnéraire, diurétique, odontalgique, est, paraît-il, d’un usage courant aux Etats-Unis.

Le coachi remplace, paraît-il, le houblon dans la fabrication de la bière ; il sert en infusion (bois et racines) contre les fièvres intermittentes. C’est aussi un tonique et un apéritif énergique. Il a été étudié à Marseille par le Dr Heckel. Le simarouba a des propriétés analogues.

Les racines du pareira sont un vomitif, et sont employées aussi contre la morsure des serpents.

7o Gommes et résines. — Il y a en ce moment en Guyane un arbre qui prend une grande importance industrielle : c’est le balata. Il donne, outre un bois de construction hors ligne, une gomme tout à fait analogue à la gutta-percha de la Malaisie. On la préfère même à la gutta-percha, car elle se prête mieux encore à l’industrie électrique, à la galvanoplastie, aux câbles sous-marins, aux instruments de chirurgie. Un arbre produit chaque année 5 à 6 kilogrammes de gomme, au maximum, et un kilogramme au moins. La valeur du balata est de 5 francs le kilogramme à Cayenne : on l’exploite déjà sur la rivière Mana, et ailleurs, avec succès.

Le caoutchouc guyanais est équivalent à tout autre caoutchouc. L’arbre est en plein rendement à seize ans. Il donne par an 2 kilogrammes en moyenne. A Cayenne, le caoutchouc vaut 4 francs. Au Havre, il en vaut 10 et plus.