Le copahu donne un baume odorant, qui a le parfum d’aloès, tandis que le copahu du Brésil et celui de Colombie ont une odeur désagréable.
L’encens de Guyane donne un liquide épais et blanchâtre qui se prend en grains très odorants ; la flamme est rouge, et la fumée très parfumée. Un arbre donne un demi à 2 kilogrammes par an. On s’en sert dans les églises de Cayenne et des Antilles pour remplacer l’encens. Cet arbre abonde dans les forêts.
La résine de l’antiar sert aux indigènes pour empoisonner leurs flèches, mais c’est plutôt le suc qu’on en extrait qui est vénéneux.
L’houmiri ou bois rouge produit une sorte de colophane.
La résine de mani sert aux indigènes à calfater leurs pirogues et à fixer le fer de leurs flèches : elle est noire et ressemble au goudron.
L’anacardier donne une gomme rougeâtre dont les propriétés sont analogues à celles de la gomme arabique, si exploitée sur la côte de Guinée.
Le mancenillier ou figuier sauvage, dont le fruit est un poison violent, donne une résine extensible qui rappelle la gutta-percha.
On tire aussi des gommes et résines du poirier de Guyane, du mapa, du satiné-rubané, du fromager, du grignon, du jacquier, du manguier, du wapa, du coumaté, etc. ; mais leurs usages ne sont pas encore bien définis, soit comme colle, comme vernis, comme mordant, etc.
Avant de parler des bois de construction, je dois dire quelques mots des quelques cultures entreprises en Guyane, et plus ou moins délaissées : la canne à sucre, le cacao, le café et le tabac.
La grande cause de l’abandon de la canne à sucre, aussi bien en Guyane que dans d’autres colonies, a été l’essor de l’industrie sucrière en Europe, et en France surtout. En 1836, la Guyane exportait 2,120 tonnes de sucre ; aujourd’hui, elle n’en exporte plus. Par contre, on fait du rhum à Mana, et on en faisait sur l’Approuague ; mais cette industrie tend encore à décroître, alors qu’en Guyane hollandaise et anglaise, et aux Antilles anglaises, les rhums et les tafias se fabriquent en grand, et écartent la concurrence de la Guyane par leur prix, sans parler du droit de douane exorbitant que paye le rhum guyanais, pour entrer en France, depuis la loi des bouilleurs de cru.