Le satiné ou bois de féroles a aussi deux variétés : le satiné rouge, qui est uni et rouge brun, et le satiné-rubané, qui est veiné et miroitant. On fait avec ces bois des meubles magnifiques, car ils sont durs, sains, se polissent très bien et font très peu de déchets. A Paris, s’ils étaient connus, ils seraient très recherchés.

De même le bois-serpent, jaune veiné de noir. Les veines noires sont ondulées comme des serpents, d’où le nom du bois.

Le boco est jaune, comme le buis, avec le cœur brun très foncé. On s’en sert pour la lutherie, la sculpture sur bois, les travaux au tour (cannes, etc.).

Le bagot a l’aubier blanc et le cœur pourpre magnifique ; il est lourd.

Le bois violet est d’un violet très franc d’abord, puis s’assombrit, et devient presque noir avec le temps. C’est le palissandre.

Le moutouchi est veiné de longues lignes brun clair, blanc et violet pâle ; il est assez lourd et facile à travailler.

Le panacoco a l’aubier blanc et le cœur noir, mais d’un noir trouble. Le bois est très compact et très résistant. L’arbre est très gros.

Le patawa, déjà cité, avec ses veines noires et blanches, comme l’ébène verte, le courbaril et l’acajou, sont aussi de beaux bois d’ébénisterie, avec leurs belles teintes, pour les meubles à incrustations, les cannes, etc.

Autrefois, la Guyane exportait des bois, mais, depuis cinquante ans, ce commerce est abandonné ; pourtant, la France en importe de plus en plus : de 15,000 tonnes en 1886, elle a passé à 31,000 en 1896.

Le commerce des bois en Guyane est une entreprise dont le succès est certain, mais qui présente cependant certaines difficultés, et qui ne peut être accomplie que dans certaines conditions. Les essences, d’abord, sont tout à fait dispersées dans la forêt vierge et mélangées les unes avec les autres. Ce n’est pas comparable à l’exploitation d’une forêt de pins d’Orégon, comme il s’en présente aux Etats-Unis ou en Californie, où tous les arbres sont semblables : on peut alors exploiter en grand, en un point donné ; tandis qu’en Guyane, il y a bien en certains points davantage d’arbres de telle essence que de telle autre, mais, en somme, le mélange est partout. Il est vrai que, la plupart des essences étant utilisables, on peut les classer après abatage. Il n’en reste pas moins que le travail, surtout au point de vue des expéditions et des débouchés, est beaucoup plus considérable que lorsqu’il s’agit d’une seule essence.