La teneur minima exploitable en ce moment est de 5 grammes d’or par homme au chantier et par jour, pour le placer Souvenir ; et de 4 grammes aux autres placers de la Mana, Saint-Léon, Triomphe et Dagobert. Il y a 8 à 10 hommes par chantier ; cela fait donc 40 à 50 grammes par chantier à Souvenir, 32 à 40 grammes aux autres placers.

L’avancement est de 2 à 4 mètres par journée de travail ; mais, avec les chômages et les réparations, il ne faut pas compter faire plus de 2 mètres par jour, soit 50 mètres par mois, ou 600 mètres par an. Donc, 2 mètres d’avancement doivent donner 40 à 50 grammes d’or par jour d’un côté, 32 à 40 grammes de l’autre.

Or, le rendement moyen actuel est beaucoup plus élevé, comme le montre le tableau suivant des quatre principaux placers :

Mois de février 1904.Souvenir.St-Léon.Triomphe.Dagobert.
Production du mois (25 jours)27k,1569k,88011k,94023k,400
Production par jour1k,086385477936
Nombre de chantiers96710
Production par chantier120½gr64gr68gr93½gr
Dépenses admises50 40 40 40
Profit par chantier70½24 28 53½

On voit que ce profit est bien plus grand à Souvenir et à Dagobert : et encore, il faudrait tenir compte d’un supplément de dépenses à Saint-Léon et à Triomphe, provenant du surcroît de malades ou non-travaillants (résultat accidentel).

La largeur moyenne d’une crique est de 4 à 5 mètres, et l’épaisseur moyenne de la couche aurifère est de 30 centimètres. On enlève donc par jour :

2 × 4½ × 0,30 = 2 m3,700 d’alluvion riche.

Soit 5 à 6 tonnes.

La teneur varie donc de 10 à 20 grammes par tonne d’alluvion riche. Mais si l’on tient compte du déblai stérile dont l’épaisseur varie de 3 à 6 pieds, en moyenne 4 pieds, on voit que la teneur par tonne d’alluvion totale est égale aux chiffres précédents, divisés par 4 à 7, en moyenne par 5, c’est-à-dire qu’elle varie d’un et demi à 5 grammes, en moyenne 2 grammes et demi. Cela signifie, d’après les chiffres précédents, que la dépense est encore moitié moindre, c’est-à-dire qu’elle n’est que d’environ un gramme et demi, chiffre remarquable, avec la simplicité de moyens dont dispose le mineur guyanais, les difficultés du déboisement, etc.

Améliorations. — J’ai fait, à divers chantiers, quelques essais d’or des résidus des sluices, et je n’ai constaté que des pertes insignifiantes, ce qui n’a rien d’étonnant, vu la faible quantité de sables lavés chaque jour et le nettoyage journalier du sluice. Il n’y a donc rien à changer au sluice guyanais, seul adapté à l’avancement très rapide de l’exploitation. Les pertes en or, nécessitant assez souvent le repassage des criques, proviennent d’abord du nettoyage insuffisant de la glaise du bedrock, piétinée par les mineurs, et où l’on retrouve parfois même des pépites de 100 à 200 grammes, et ensuite du jet de pelle (dit canne-major) qui lance des paillettes d’or en dehors du sluice.