Le seul des animaux qui se soit fait des voiles Pour jouir de la nudité.
Nous n’en jouirions plus sans cela; nous ne l’apprécierions plus, n’y prêterions plus attention.
—Et où serait le mal? Cela n’en vaudrait-il pas mieux mille fois? Comment! c’est uniquement pour tenir les sens en éveil, attiser la lubricité, comme aphrodisiaque, que vous estimez que la pudeur a été inventée? Les âmes vraiment chastes, vraiment nobles et fortes, n’ont que du mépris pour de pareils expédients. Elles n’éprouvent de même que du dégoût pour ces misérables créatures, qui, précisément afin de provoquer des désirs, de faire, selon votre locution et celle du poète, jouir de leur nudité, exhibent leurs épaules et étalent leurs mamelles. Fi donc!
—Mais non! Mais non! Ce n’est pas si dégoûtant! repartit Veyssières. Il y en a, et je suis du nombre, à qui ne répugnent nullement ces exhibitions et étalages, au contraire!
—Toujours l’instinct de la bête! Jamais rien d’élevé ...
—Est-ce que nous ne sommes pas doués des mêmes besoins que les animaux, des mêmes appétits, astreints aux mêmes nécessités?
—Et l’intelligence, et la raison, qu’en faites-vous?
—La raison et l’intelligence me servent justement, chère amie, à étendre et perfectionner ces besoins, à varier, émoustiller et raviver ces appétits, à savourer en un mot, par tous mes sens, tous les plaisirs de la vie.
—Tous les plaisirs! Je n’en connais que deux pour mon compte, riposta Katia: comprendre et se dévouer.
—Il y en a d’autres. Ne soyez donc pas si exclusive!