Ne voulant sans doute pas demeurer en reste avec son aînée, et désireuse de contribuer de son mieux, elle aussi, à la dislocation du ménage, Corentine dirigea ses efforts vers Jeanne et tenta de l’apparier avec le frère d’une de ses collègues, un jeune et tout pimpant sous-lieutenant. Mais Mme de Sambligny, coquette et dépensière, avait bien plus soif d’argent que de plaisir, et, dès la seconde entrevue, lorsqu’il lui fut démontré qu’elle n’avait à attendre de ce joli garçon aucune solide et sonnante preuve de tendresse, elle rompit avec lui.
L’argent, et avec lui tout ce qui en relève, bien-être, luxe, fêtes, toilettes nombreuses et variées, robes éblouissantes, bijoux et diamants, voilà ce que Jeanne de Sambligny convoitait et rêvait, l’unique but de la vie pour elle. Ah! comme elle s’en voulait de s’être donnée jadis à Armand et d’avoir consenti à devenir sa femme!
«Imbécile! Petite niaise, qui t’imaginais que c’était là pour toi le salut, qui ne voyais rien de plus beau! Ah! quelle sottise tu as faite et tu expies!»
C’est de la sorte qu’elle ratiocinait, et ainsi se tançait-elle.
Au lieu de savoir gré à Armand de Sambligny de l’avoir épousée, elle, pauvre et sans avenir, elle maudissait ce mariage.
«Si j’avais su! Si j’avais su!»
Exagérant sa beauté et la puissance de ses attraits, elle se disait qu’avec de telles armes elle aurait pu prétendre à tout, parvenir aux plus hauts sommets.
«Certainement! Si je n’avais pas été rivée à cet homme! C’est à cause de lui que ma vie est gâchée!»
Il n’était malheureusement plus temps de rebrousser chemin et recommencer la partie: dans trois ou quatre ans sonnerait la quarantaine.
«Trop tard, hélas! Ah! malédiction!»