«Jésus-Christ a voulu que les femmes fussent soumises à leur mari comme au Seigneur, parce que le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l’Église.»
»LE CHEF DE LA FEMME, vous entendez bien? Il ne vous l’envoie pas dire, il ne vous mâche pas ses termes, l’apôtre saint Paul.»
«Vous avez beau faire, objectait encore Elvire à ses consœurs chrétiennes, votre Église, l’Église catholique, ne vous admettra jamais, vous, femmes, sur le même pied que les hommes. Vous pouvez vous faire nonnes et devenir abbesses ou chanoinesses, vous ne serez jamais prêtres, jamais curés, pas même vicaires, a fortiori jamais évêques ni papes. C’est pour les hommes, ce nanan-là! Ce n’est qu’en Amérique, dans ce pays modèle, qu’on voit des femmes devenir pasteurs—ou pastoresses. Vous resterez donc toujours et malgré tout inférieures aux hommes; vous serez donc toujours, et quoi que vous en ayez, soumises aux hommes, comme votre Église l’est à son chef Jésus. Que venez-vous donc parler d’égalité et d’émancipation, puisque vous reconnaissez vous-mêmes implicitement que vous ne serez jamais que les sujettes et subalternes de ces pachas, leurs très dociles pénitentes, leurs très modestes, très humbles et très obéissantes servantes?»
Quant à confier la présidence du «Grand Congrès de l’Affranchissement», à défaut d’Elvire Potarlot, à la citoyenne Estelle de Bals ou à la citoyenne Nina Magloire, à la marquise de Maulmont ou à Katia Mordasz, la chose n’était pas aussi facile, malgré les nombreux mérites et tous les titres de ces dames, que le pensait Angélique-Spartaca Bombardier.
La citoyenne de Bals, qui était divorcée et mère de deux jumeaux de quatre ou cinq ans, avait l’habitude de laisser traîner de droite et de gauche ces malheureux petits gars et de les perdre. On venait encore de les trouver dans les fossés des fortifications, du côté des Prés-Saint-Gervais, quand leur mère habitait à Grenelle, et l’affaire avait causé grand scandale; toute la presse s’en était émue et avait discuté et commenté l’aventure.
«Mais c’est donc un parti pris chez vous, madame, d’égarer vos enfants? C’est une monomanie, un tic! avait dit à Estelle de Bals le commissaire de police qui l’avait mandée près de lui. Voici la quatrième fois en moins d’un an qu’on ramasse ces pauvres petits dans la rue!
—C’est de leur faute, monsieur. S’ils voulaient rester tranquilles à la maison ... Ce sont eux qui se sauvent!
—Ils se sauvent parce que vous les laissez seuls et qu’ils s’ennuient, disent vos voisins. Vous pourriez les conduire à l’école ...
—C’est ce que je fais, monsieur; mais c’est justement en sortant de l’école qu’ils me jouent ces tours-là, qu’ils décampent et vont traîner au diable vauvert!
—Les renseignements recueillis dans votre quartier constatent que ces enfants manquent de surveillance. Vous ne vous occupez pas d’eux suffisamment ...