—Je vous remercie et j’accepte votre offre, cher ami, répliqua Sambligny. Dites-lui nettement et énergiquement ce que vous pensez de ce Lacrouzade, comment il est coté par ses chefs, ce qu’il vaut et ce qu’il est.
—Je le lui dirai, n’ayez crainte.»
Effectivement, le lendemain matin, sans différer, Hector Jourd’huy envoya à Mlle Rousselin, par son gardien de bureau, une «Note», où il la priait de vouloir bien passer à son cabinet pour communication urgente; et, s’autorisant des relations qu’il avait avec son beau-frère et de l’intérêt qu’il lui portait, à elle, il lui dévoila la conduite et les antécédents de son collègue et fiancé Marius Lacrouzade.
«Il vous a menti, mademoiselle, permettez-moi de vous le déclarer tout crûment, il vous a menti en vous annonçant qu’il allait obtenir de l’avancement, être promu «Préposé aux titres». C’est de la fantasmagorie toute pure, de la farce!
—Mais, monsieur, insinua Irène, M. Lacrouzade ne ... ne m’a pas ... pas dit cela ... Non!
—Comment, non? se récria le chef de bureau, interloqué. Mais vous l’avez répété à votre beau-frère!
—Non, monsieur; je n’ai rien dit de semblable. J’ai bien parlé du service des Titres, où M. Lacrouzade est attaché ... et c’est sans doute ce qui a amené la confusion ... mais «Préposé», non ... On aura mal compris.»
«Nous voilà dans les ergoteries, tartufferies et escobarderies, grommela le chef de bureau; nous allons patauger!»
«Soit! Il y a eu malentendu, mademoiselle, reprit-il. Mais M. Lacrouzade n’en reste pas moins un garçon très peu digne d’estime, un fort piètre sujet, paresseux, désordonné, déconsidéré, criblé de dettes ... Vous ne saviez sans doute pas cela, lorsque vous lui avez promis votre main? Je ne me trompe pas: vous la lui avez bien promise? Vous avez bien annoncé à votre sœur, Mme de Sambligny, votre mariage avec M. Marius Lacrouzade?