—Cependant vous ne pouvez empêcher qu’ils ne soient deux; vous ne pouvez empêcher des divergences de se produire: il y en a dans toute association, si étroite et intime qu’elle soit.

—Ajoutez que, dans toute association, quelle qu’elle soit, il y a toujours, qu’ils le veuillent ou s’y refusent, le sachent ou l’ignorent, forcément et inévitablement, disparité et inégalité entre les contractants. Un seul pilote doit être chargé de conduire le vaisseau; si, par hasard, il y en a deux, le second est, de règle, subordonné au premier. L’égalité, «cet atroce mensonge des politiciens», l’égalité est une pure chimère; elle n’existe pas plus ici-bas que la similitude complète. Et il le faut bien! Il faut bien que la balance penche d’un côté.

—Et naturellement elle penchera du côté de monsieur?

—Vous l’avez dit, très chère. Elle penchera du côté du plus fort.

—En admettant que monsieur soit le plus fort.

—On l’a admis de tout temps. Du côté de la barbe ...

—Et si nous parvenons, grâce à l’éducation nouvelle et aux exercices physiques, à donner à la femme autant de vigueur et de biceps qu’à l’homme?

—Alors vous lui donnerez aussi de la barbe ... et le reste! C’est ce que demande et ce qu’espère, dans sa suprême logique, Mme Potarlot,—Elvire! Mais alors aussi ce ne seront plus des femmes que vous aurez, et encore un coup,—car nous en revenons toujours là!—l’homme, ainsi que le fluide électrique, n’est attiré que par son contraire.

—De sorte que c’est toujours la force qui, selon vous, prédominera? à elle le dernier mot?