—Il n'a prononcé aucun nom… aucun nom de femmes de votre connaissance, par exemple? Cela pourrait nous mettre sur la voie…
—Non, fit-elle, j'ai beau chercher… Il ne doit même pas avoir beaucoup de relations de femmes; il ne m'en a cité aucune, à part les actrices… Il m'a seulement interrogée à propos d'un M. d'Hastry… Oh! un simple mot!
—Qu'est-ce que ce M. d'Hastry?
—Un charmant garçon qui s'est tué après de grosses pertes à la Bourse.
—Mais à propos de quoi ce filou vous a-t-il parlé de ce M. d'Hastry?
Comment ce nom est-il venu dans votre conversation?
—Nous causions des désespérés, des gens qui se décident à en finir avec l'existence. Il me cita alors l'exemple de M. René d'Hastry. «Peut-être vous rappelez-vous cette affaire, vous avez dû la lire dans les journaux?» ajouta-t-il. Je crois bien que je me la rappelais! Je lui répondis que j'avais beaucoup connu M. d'Hastry. «Et vous, vous le connaissiez aussi?—J'ai eu occasion de le voir», me répondit-il. Voilà tout.
—Il y a combien de temps que ce M. d'Hastry s'est tué?
—C'est l'année dernière; il y a dix-huit mois.
—En quels termes étiez-vous avec lui?
—C'était un de mes amis», répliqua, sans broncher, Mme de Mortagne.