Lefebvre est peu lisard; moi, rien du tout lisarde;
Tiens! dit-elle, achevant son opinion bizarde,
Ces rayons sont très forts... J'en vas faire un fruitier!
A propos de cette même grande dame improvisée, les Goncourt écrivent dans leur Journal[ [22]:
«Penguilly racontait encore que la fameuse maréchale Lefebvre, cette haute gueule de la première cour impériale, apporta, un beau matin, le bâton du maréchal au Musée d'artillerie, et comme le conservateur, tout en la remerciant, s'étonnait que la famille ne conservât pas une telle relique: «Ah! bien oui, ma famille, vous ne les connaissez pas!»—Et faisant le geste: «Ils seraient capables de s'en servir pour abattre des noix!»
D'autres dames imposent aux livres mêmes les fonctions les plus inattendues.
«Je me suis permis, Madame, de vous envoyer le volume que je viens de publier, les derniers-nés de ma Muse, disait à une jeune mère, qui avait près d'elle son petit garçon âgé de cinq ans, certain poète, étonné de n'avoir reçu et de ne recevoir aucune nouvelle de cet envoi.
—C'est vrai, Monsieur, veuillez m'excuser: j'aurais dû vous remercier... D'autant plus que vos vers sont délicieux, sont ravissants, exquis! J'en suis encore tout extasiée... Mais où l'ai-je donc mis, ce charmant petit volume?»
Et l'enfant—enfant terrible!—de répondre:
«Mais, maman, tu sais bien? ce livre, aussitôt que tu l'as reçu, tu l'as glissé sous le pied de la table de ton cabinet de toilette... Elle boitait, et cela t'agaçait. Tu te rappelles?[ [23]»
Notons, en passant, cette instante et suprême recommandation d'une autre excellente mère de famille—la femme d'un chroniqueur scientifique cependant!—à ses deux garçons, externes au lycée de...:
«Surtout, mes petits amis, ne me rapportez pas de prix! Il y a assez de livres ici[ [24].»