L’admirable pastelliste Maurice-Quentin de La Tour, «enthousiaste des philosophes, bâtissait lui-même des systèmes, et se montrait humilié quand on lui parlait de ses pastels». (Cf. Marmontel, Mémoires, livre VI; t. II, p. 103; Jouaust, 1891; — et Antoine Guillois, Le Salon de Mme Helvétius, p. 28; C. Lévy, 1894.)

Girodet-Trioson préférait ses vers (qui d’ailleurs ne sont pas sans mérite) à ses dessins et à ses tableaux (Sainte-Beuve, ibid.);

Alfieri se piquait d’être fort en grec (Id., ibid.);

Byron d’être le premier nageur du Bosphore (Id., ibid.);

Le célèbre compositeur Cherubini d’être un grand peintre (Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. II, p. 125).

Le sculpteur Canova avait, de son côté, la manie de peindre, et ses tableaux, «dont la médiocrité allait presque jusqu’au ridicule», il les préférait à ses superbes marbres. (Revue Napoléonienne, avril 1911, p. 108.)

Et Ingres et son violon, qui est le prototype du genre;

Et le grand peintre anglais Gainsborough entiché, lui aussi, de sa musique (Cf. Ernest Chesneau, L’Art et les Artistes modernes, p. 61; Didier, 1864);

Et Rossini et Alexandre Dumas père se croyant l’un et l’autre, ce qui était peut-être vrai, d’ailleurs, d’excellents cuisiniers (Cf. le journal Le Voleur, 1864, p. 349; et 1865, p. 462);

Et l’humoristique et génial dessinateur Gavarni, qui avait la passion des mathématiques, finit par s’y vouer entièrement, et «voulait refaire, selon sa chimère, la mécanique céleste et bouleverser les lois de la pesanteur». (Eugène Forgues, Les Artistes célèbres, Gavarni, p. 49, 54, 58; Rouam, s. d.)