Etc., etc.
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Revenons à Chateaubriand.
Voici un singulier jugement porté par lui sur le général Bonaparte:
«... Sa gloire militaire? Eh bien! il en est dépouillé. C’est, en effet, un grand gagneur de batailles; mais, hors de là, le moindre général est plus habile que lui... On a cru qu’il avait perfectionné l’art de la guerre, et il est certain qu’il l’a fait rétrograder vers l’enfance de l’art.» (Chateaubriand, De Bonaparte et des Bourbons, dans le volume Mélanges politiques et littéraires, p. 183; Didot, 1868.)
Et ce vœu, non moins bizarre, exprimé par Chateaubriand, dans ses Mémoires d’outre-tombe (t. VI, p. 331; édit. Biré): «Les vieilles gens se plaisent aux cachotteries, n’ayant rien à montrer qui vaille. En exceptant mon vieux roi, je voudrais qu’on noyât quiconque n’est plus jeune, moi tout le premier, avec douze de mes amis.» Les douze amis ont-ils été consultés?
Dans les mêmes Mémoires, pour s’excuser de ses nombreuses citations, Chateaubriand émet ce curieux «avis au lecteur» (t. IV, p. 437): «Lecteur, si tu t’impatientes de ces citations, de ces récits, songe d’abord que tu n’as peut-être pas lu mes ouvrages, et qu’ensuite je ne t’entends plus; je dors dans la terre que tu foules; si tu m’en veux, frappe sur cette terre, tu n’insulteras que mes os».
Et ces phrases hyperboliques et étranges:
«Salut, ô mer, mon berceau et mon image! Je te veux raconter la suite de mon histoire: si je mens, tes flots, mêlés à tous mes jours, m’accuseront d’imposture chez les hommes à venir!» (Ouvrage cité, t. I, p. 64.)
«Il ne manque rien à la gloire de Julie (sœur de Chateaubriand): l’abbé Carron a écrit sa vie; Lucile (autre sœur de l’auteur) a pleuré sa mort.» (Ibid., t. I, p. 180.)