«Mes amis, jamais je n’oublierai l’honneur que vous avez fait à mes cheveux blancs en les mettant à votre tête!» (Cf. Le Rappel, 10 janvier 1877.)

A un mari dont la femme a mis au monde plusieurs filles et qui vient enfin d’accoucher d’un garçon, un personnage du Coq du Clocher (chap. 3, p. 26; M. Lévy, 1856) de Louis Reybaud (1799-1879) adresse ses félicitations en ces termes:

«A la bonne heure! Vous avez eu la main heureuse cette fois!»

Frédéric Soulié (1800-1847) se vantait d’écrire ses romans sans préparer de plan, de «jeter la plume au vent et suivre le chemin où elle mène» (Le Magnétiseur, p. 74; Librairie nouvelle, 1857). On ne s’aperçoit que trop de ce manque de préparation et de soin à l’incohérence et la confusion qui règnent dans nombre de ses récits. Et ce qu’il y a de plus drôle, c’est que souvent, de son propre aveu ou par la bouche de ses personnages, l’auteur reconnaît et proclame le gâchis.

«Vous ne me comprenez pas! s’écria le général, et moi-même, dans ce chaos d’événements, de doutes, d’incertitudes, je ne sais si je me comprends.» (Le Magnétiseur, p. 154.)

«Les événements de la vie de Justine expliquent suffisamment, du moins je le pense, la brutalité et l’incohérence de ses confidences... Qu’on veuille donc bien lire ce qui va suivre avec le souvenir de ce que je viens de dire, et on s’expliquera peut-être cette incohérence d’opinions, ce chaos de principes opposés jeté à travers cette narration.» (Les Drames inconnus, t. I, p. 367 et 369; Librairie nouvelle, 1857.)

«C’est un enchevêtrement du diable (que cette intrigue, reprit Molinos), je vous prie d’y faire attention.» (Ibid., t. IV, p. 244.)

«Écoute, maître, dit le Diable, si tu me fais mêler toutes ces histoires l’une avec l’autre, non seulement nous n’y comprendrons rien, mais encore nous n’en finirons pas.» (Les Mémoires du Diable, t. III, p. 274; M. Lévy, 1877.)

En effet, comment voulez-vous vous y retrouver dans un imbroglio de ce genre:

«... Il nous avoua que cette correspondance n’avait d’autre but que de cacher celle qu’il avait directement avec une novice du nom de Juliette. Ce fut dans ce même souper qu’un certain comédien, nommé Gustave, m’apprit que cette Juliette n’était autre que la fille de Mariette, laquelle Mariette se cachait à Auterive sous le nom de Mme Gelis, tandis que Jeannette avait pris celui de Juliette.» (Ibid., p. 262.) Et notez que nous n’avons là qu’un faible fragment de l’intrigue générale, et que «toutes ces histoires ne font que se mêler l’une avec l’autre».