Voici quelques phrases bizarres de Frédéric Soulié:

«Son œil, à demi fermé, vibrait et haletait, pour ainsi dire, lançant autour d’elle des regards trempés de volupté.» (Ibid., p. 296.)

«Ce n’était plus ce jeune sous-lieutenant décoré sur le champ de bataille, changeant d’épaulettes à chaque campagne; un de ces soldats intrépides qui, si vite qu’ils montent, pourraient planter chaque échelon de leur fortune dans un trou de blessure.» (Le Magnétiseur, p. 215.)

«Celui-là qui s’épuise à scalper les fibres les plus tendres du cœur humain pour dire le secret de ses plus imperceptibles mouvements...» (La Lionne, p. 221; Librairie nouvelle, 1856.)

«Une main infernale et impitoyable s’est étendue sur votre destinée. Cette main sait préparer le poison de la calomnie comme elle sait pousser ses esclaves au crime.» (Ibid., p. 351.)

«C’était une figure de reine et une taille de nymphe qui parlait ainsi.» (Diane et Louise, dans le volume Le Maître d’école, p. 298; Librairie nouvelle, 1859.)

Je ne sais plus qui disait, sans doute après avoir lu ces phrases: «Frédéric Soulié? Il écrit comme ma savate

Frédéric Soulié place Aix-les-Bains, non en Savoie, mais dans les Pyrénées (Les Mémoires du Diable, t. II, p. 189; M. Lévy, 1863), et il nous parle de Rome, qu’il avait l’intention d’«aller voir», mais qu’il n’a jamais vue, de la plus fantaisiste façon: il plante des arbres, «des arbres grillés» sur le Corso, qui n’est bordé que de maisons, et la place Navone ne cesse pas pour lui d’être la place Nivone. (Le Magnétiseur, p. 39, 40, 42, 45, 48...)

A l’exemple de la pelle qui vitupère le fourgon, Soulié, qui a tant écrit de romans-feuilletons où défilent des personnages de toute catégorie, fait, par allusion à Eugène Sue, mais sans le nommer, ni lui ni ses Mystères de Paris, une acerbe critique de ce genre d’ouvrages: «Il se créera bientôt une littérature consacrée à l’histoire de la loge, de la mansarde, du cabaret; les héros en seront des portiers, des marchands d’habits, des revendeuses à la toilette; la langue sera un argot honteux, les mœurs des vices de bas étage, les portraits des caricatures stupides...» (Les Mémoires du Diable, t. I, p. 285; M. Lévy, 1861.)

Dans son roman Le Secret d’une renommée, suivi de La Tache originelle (Librairie nouvelle, 1859), Stéphen de la Madelaine (1801-1868) ne se contente pas de faire souffler en Lorraine le méridional et méditerranéen sirocco: «A Metz,... on dirait que le vent de sirocco, qui souffle des montagnes environnantes pendant dix mois de l’année...» (p. 169), il abuse de ces métaphores astronomiques: